mardi 28 février 2012

Mon CDI d'être humain III période d'observation finie

J'ai presque fini ma période d'observation ! J'ai même réussi quelques examens.

Je marche : 

 Bonjour le travail, j'ai compris l'autre utilité de la couche, elle a le pouvoir d'amortir les chutes. Mais pour que cela soit sans conséquence il faut absolument faire ces tests de marche avec une couche vide... Autrement la chute est effectivement amortie mais avec des sensations pas très agréables... François il frimait, parce que lui, il avait déjà atteint une certaine perfection dans l'art de la marche, il arrivait même à courir alors, il passait son temps à me narguer, et chaque fois que je tombais il était mort de rire. La solidarité frère/sœur, on repassera ! 

Je suis propre : 

 Faut dire, que même si je faisais hyper attention à n'a pas tomber la couche pleine, cela m'arrivait assez souvent. Alors j'en ai eu vraiment marre et j'ai décidé qu'il fallait mettre un terme à tout cela. En plus je voyais bien que François il arrivait très bien à vivre sans. Je l'ai bien observé, pendant sa phase d'initiation. Maman le mettait sur un truc en plastique, cul nu. Pour une fois que c'était lui qui avait l'air d'un con, je ne me suis pas privée de regarder et de bien rigoler... Chaque fois qu'il se levait, maman vérifiait si il y avait quelque chose dans le truc en plastique. Tant qu'il n'y avait rien, elle le remettait sur le pot, oui c'est ça le nom du truc, un pot... En douce je suis aussi allée voir ce que maman attendait avec autant d'impatience. Quand j'ai vu, et surtout senti, j'ai compris, je n'avais plus qu'à me mettre au travail. Moi aussi je voulais qu'on me mette sur le pot. Je dois dire que cela n'a pas été simple, il m'a fallu un certain temps pour bien coordonner l'envie avec le réflexe du pot. Heureusement maman ne m'avait pas encore enlevé ma couche. Oui, ce n'est pas évident d'être capable de faire deux choses en même temps, ressentir cette envie pressante et en même temps penser au pot, c'est une vraie gymnastique du cerveau. Mais quand enfin j'y suis arrivée, qu'elle bonheur. Mes fesses étaient enfin libres !!! Plus de couche humide qui irrite. 

 Je mange toute seule : 

 Apprentissage long et douloureux pour moi comme pour ma maman. Il lui a fallu beaucoup de patience. Des heures pour chaque repas, parce que j'avais décidé que maintenant je prenais les choses en main. Ce n'est pas peu dire, après quelques tentatives avec la cuillère qui n'arrivait jamais à bon port, et ayant très faim, je finissais toujours par user des grands moyens, mes mains ! Il y en avait partout, sur moi, sur les murs, sur la table. Un périmètre de sécurité devait être installé pour éviter tout dégâts collatéraux. 

Depuis quelque temps il y a un nouveau bébé à la maison, il parait que c'est ma soeur, elle s'appelle Coralie. Au début, j'ai cru que c'était une poupée, mais dès qu'elle pleurait je comprenais bien que ce n'était pas ça... Ma maman elle passe son temps avec elle et moi je me retrouve toute seule. Si elle commence à me la piquer, on va pas être copine toutes les deux. 


Il suffit de voir l'air avec lequel je la regarde pour comprendre que je l'ai un peu mauvaise ! Mon frère, ça lui plait. Ben, il a cas s'en occuper, moi pendant ce temps j'irai voir ma maman...

Je suis prête pour aller à l'école :


Un jour, maman m'a dit :

- "maintenant tu es une grande fille, tu vas pouvoir aller à l'école comme François."


Mais, elle n'a rien compris, NON je ne suis pas une grande, je ne veux pas être une grande ! Je veux bien aller à l'école, faire des dessins, mais je suis encore toute petite.

En fait, j'ai compris que l'école c'était une ruse pour se débarrasser de moi et ne s'occuper que de l'autre.

En plus, je n'avais pas encore réalisé que maman ne serait pas avec moi... Tout ça à cause de la nouvelle. 

Alors, un matin, mon frère, maman et moi sommes partis a l'école. Et là, maman m'a dit au revoir. J'ai pleuré très longtemps, et comme je n'étais pas toute seule dans ce cas, la dame qui était là, elle ne savait plus où donner de la tête. C'était comme un concert, chacun y allait de ses pleurs, avec quelque fois même des cris. Je ne sais pas comment la dame a fait pour garder son calme, et son sourire. Je trouve pas ça cool du tout que les mamans ne restent pas avec nous. Parce que si elles étaient là, la dame elle n'aurait plus besoin de courir pour consoler tout le monde en même temps. Mais voilà, les mamans elles restent avec les nouveaux bébés !

Quand tout le monde s'est enfin calmé, c'était l'heure du déjeuner, et maman est venue me chercher. Là je me suis dit, que je n'y retournerai pas. Non seulement j'avais les yeux tout rouge, mais en plus comme j'avais fait pipi, je suis rentrée chez moi avec une culotte que je ne connaissais pas, et la mienne toute mouillée dans un petit sac... Quand tu as un vrai gros chagrin, tu crois que tu réalises que tu as envie ? Non, c'est impossible. Tu te concentres sur ton chagrin et c'est tout. 

Tout au fond de moi, je me disais que ce petit accident - c'est comme ça qu'ils disent les grands- me permettrait de ne pas retourner à l'école. Ca voulait bien dire que je devais repasser l'examen du pot, non ?! Et cet examen il se passe à la maison ?! 

J'ai vite déchanté, j'y suis retournée, le lendemain. Et tous les jours qui ont suivi. 

J'étais embarquée dans un truc de fou, je ne savais pas que ça durerait aussi longtemps, et heureusement, sinon je ne crois pas que je l'aurais supporté. Ils savent très bien faire les grands pour te berner. Oui, de temps en temps ils ne t'emmènent pas à l'école et chaque fois je me disais que cette fois c'était bien fini. 

 Tu parles !


c'est moi au milieu, j'ai pas l'air très convaincu par l'école !

1 commentaire:

  1. Moi je voulais pas DU TOUT aller à l'école. Jamais/Never/no way/Hors de la question/nada.

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