vendredi 24 février 2012

Quitte studio pour nouvelle aventure

Mois de juin , je suis bien au chaud dans mon studio, qui ceci dit en passant, devient un peu trop petit pour moi, mais peu importe, il parait que je vais devoir en partir très prochainement. 
Pourtant j'y suis bien, ma voisine la plus proche à une voix douce, j'ai parfois l'impression qu'elle me parle. Depuis peu, j'ai deux nouveaux voisins, je les entends moins. J'ai l'impression qu'ils connaissent bien l'autre, celle qui s'appelle Isabelle. Eux ils ont l'air d'être un couple moins jeune, je me demande même si ils ne sont pas apparentés avec ma voisine. 

L'été est presque là, je sens que je vais adorer cette saison. Bon c'est pas tout ca, mais il faut que je prépare mon départ, je vais jeter un œil dehors en entrebâillant ma porte.
Cela ne m'excite pas plus que ça ce qu'il y a à l'extérieur. Pourquoi faut-il que je parte?  

Mais que se passe-t- il ? Il y a un branle bas de combat chez la voisine, Isabelle dit aux nouveaux : 

 "je crois qu'il faut y aller... "

Elle n'a pas l'air bien, j'ai même l'impression qu'elle a mal la pauvre. 

Allez, moi, je vais me coucher. Je ne suis absolument pas obligée de partir maintenant, et puis je suis trop bien ici. Avant de sortir de toute manière il faut que je me fasse une petite épilation, et je vais lire l'horoscope, pour voir quel est le meilleur moment pour mon déménagement. 
Le mieux est de partir au moment du signe du cancer, c'est pas moi qui le dit, c'est l'horoscope ! 

C'est décidé, je sors le 22 juin. Le 22 ?! je n'ai plus beaucoup de temps, c'est demain ! 

Je serais bien restée un peu plus, mais là apparemment, j'ai entendu des nouvelles voix dire que si je n'étais pas sortie le 22 ils allaient faire ce qu'il faut pour me dégager de là. Et moi, on ne me parle pas sur ce ton ! Rien que pour les emmerder, j'ai décidé que je sortirai toute seule le 22, en plus c'est joli comme chiffre 22.

La sortie n'a pas été simple, la porte était un peu petite, mais j'y suis arrivée, et là, j'ai réalisé que plus jamais je ne pourrai revenir en arrière, j'ai été super triste, tellement triste que j'ai crié un grand coup, pour montrer ma déception. 
J'ai regardé autour de moi. Tout est si grand. Je suis dans les bras d'une dame et il y en a une autre qui me regarde toute émue. Immédiatement j'ai reconnu sa voix, c'est Isabelle. Les autres ils ont dit c'est ta maman ! Bon si ils veulent, ok, ça doit être son pseudo, va pour maman, mais faut d'abord que je m'habitue je l'appellerait maman plus tard. 

Il y a aussi un couple plus âgé, et Isabelle, elle appelle la dame maman et le monsieur papa. C'est incroyable les deux copines s'appellent pareilles. Papa, lui il a une moustache et il tient serré sans ses bras l'autre maman. Et puis eux, ils ont le droit d'appeler maman Isabelle. Je comprends pas tout mais ça va venir. 

Ils ont l'air content, ils disent :

 "c'est une fille après un fils c'est formidable !" 

Ça c'est sûr, je suis bien une fille, parce que il n'y a pas un mec qui avant de sortir pense à se faire épiler et lit l'horoscope... 

En parlant d'épilation, l'esthéticienne n'étant pas disponible avant le 25 juin, j'ai dû sortir comme ça, avec mes poils, et vu la tête qu'à fait Isabelle-maman, je me suis dit que tout compte fait j'aurais peut être dû attendre le 25. 
Je pense que de temps en temps il faut rappeler aux Hommes qu'ils descendent bien du singe. 

Et il a fallu que ça tombe sur moi ! 

Des poils, j'en ai jusqu'aux sourcils et dans le dos. Malgré ça ils ont réussi à savoir que j'étais une fille, là, je dis bravo. Parce que je ne leur avais pas encore parlé du rendez-vous raté avec Arlette mon esthéticienne. 

J'ai compris quelque jours plus tard, qu'il y avait un autre gars qui s'appelait papa, il était là, je l'entendais. En me concentrant, je me suis vaguement souvenue que je connaissais cette voix. Mais bon il a fallu que je me concentre très très fort. Lui, il est arrivé, j'étais toute propre et les poils étaient tombés. Alors, son excuse, pour son retard, c'est qu'il jouait au golf au Maroc, pendant qu'Isabelle, elle organisait le déménagement entre l'Algérie et le Maroc, m'hébergeait et  s'occupait d'un autre ; le fils. 

Celui là je l'ai pas rencontré tout de suite, il avait pas le droit de venir. Quand je l'ai vu, j'ai été très surprise, il n'avait pas le même format que les autres, il était petit, il marchait, mais c'était pas terrible, je voyais bien qu'il essayait de copier sur les normaux, et pour le vocabulaire, on repassera. 

On m'a dit c'est ton frère, il s'appelle François. Bon, il faudrait savoir, il s'appelle frère ou François ?
Qu'est ce que c'est que ce bordel où tout le monde a plusieurs appellations ? Et puis c'est pas toi qui choisis celle que tu préfères, non, non, il y a ceux qui ont le droit de dire chérie, d'autres maman, et encore d'autres madame ! Je vais avoir un peu de mal à m'y faire, j'espère que je ne vais pas trop me planter ! Le mieux, c'est de me taire et de regarder.

Maintenant, ils m'annoncent que je m'appelle Sophie. J'ai essayé de leur faire comprendre qu'ils se trompaient, je m'appelle MOI. Mais je ne sais pas encore parler leur langue, alors je suis devenue Sophie. J'ai réalisé aussi qu'ils s'appelaient tous : moi ou toi.

Le plus important c'est que j'ai tout de suite aimé Isabelle-maman, elle est trop cool, elle me regarde avec un regard qu'elle seule est capable de me donner. Et quand elle parle, j'ai l'impression d'être à nouveau dans mon petit studio, en sécurité. Je sais qu'avec elle tout se passera bien. C'est ma meilleure copine. D'ailleurs, elle me met son sein dans la bouche, et c'est super bon. Tellement bon que régulièrement je m'endors de bonheur. Bon après elle me tape dans le dos et là un bruit immonde me sort du corps. Et elle, elle est trop contente. Elle me dit : 

"c'est bien tu as fait un bon rototo." 

C'est ma copine, alors, si elle le dit c'est sûrement vrai. Pour être honnête, j'avoue qu'après le "rototo" je me sens hyper bien. 

Après, je me retrouve les jambes en l'air, une odeur nauséabonde envahissant la pièce, et en trois manipulations, elle me met un nouveau truc entre les jambes, une couche, me rhabille et hop au lit. Pour dormir... Et dormir, j'en ai vraiment besoin, parce qu'ici ce n'est pas de tout repos !


sur la photo : Henri-papa-toi-moi-chéri-monsieur, François-tonfrêre-chéri-toi-moi-monfils, Isabelle-maman-chérie-madame-mafille-moi-toi, MOI-Sophie-tasoeur-chérie-lebébé-mafille.

Voilà, le 22 juin 1960, je démarrais mon CDI d'être humain. 

Au début, j'étais en période d'observation. Je les laissais faire. Je bouffais et dormais tout le temps. Mais c'était une ruse de leur part. Ils font ça pour éviter toute démission pendant la période d'essai. Parce qu'ils prennent bien soin de ne pas te dire qu'après, ce n'est plus du tout comme ça. 

Et là tu ne peux plus rien faire, tu es coincé dans ce CDI qui n'est pas tous les jours très drôle !

1 commentaire: