vendredi 4 janvier 2013

Un enterrement ça bouleverse

Il y a quelques jours je suis allée à l'enterrement de la mère d'un ami.
J'ai été bouleversée en voyant mon ami effondré.... 



Pourquoi suis-je à ce point bouleversée ? 


Parce que  je sais que cette douleur là, personne ne peut l'apaiser. 

Parce que je sais qu'on est seul face à cette souffrance. 
Parce que quand ma sœur a perdu son mari, la laissant seule avec 3 enfants 
de 5 à 14 ans, j'ai eu envie de lui arracher cette douleur pour la soulager. 
À l'époque, si j'avais pu troquer ma vie contre celle de son mari, je l'aurais fait, 
lui était marié, père de famille, moi je n'étais rien, juste une célibataire sans enfant 
quelqu'un d'inutile... 
J'ai été le témoin de cette douleur sans rien pouvoir faire, la nuit je pleurais je criais 
dans mon oreiller, ma fureur d'être impuissante.
Oui, j'ai été là pour l'écouter la soutenir. Et quand elle me demandait de l'aide 
j'accourais, il fallait que je me sente utile, je devais faire quelque chose pour donner 
un sens à ma vie... 
Parce que moi j'étais vivante.


Et puis j'ai repensé à la mort de mon père... Une mort que j'attendais depuis 
si longtemps... 

En fait j'ai réalisé que mon père a été plus longtemps mort que vivant dans ma vie. 
J'avais 47 ans quand  Il est officiellement mort. Mais il n'était plus vivant depuis 25 ans. 
Le calcul est vite fait 22 ans vivant, mais pas présent, et 25 ans ni mort ni vivant. 



Comment est ce possible ? 


Un AVC qui l'a laissé profondément aphasique... Plus de communication possible 
avec lui. 

Vu de l'extérieur il semblait tout à fait normal, hormis une paralysie de la main droite, 
reste de son hémiplégie. Mais au quotidien c'était une autre histoire, il ne pouvait plus lire, 
ni écrire ni parler. Ce qui ne l'empêchait pas de rester un tyran avec ma mère, qui se 
prêtait au jeu sous le prétexte que : 
"le pauvre, il n'y peut rien". 
J'ai alors assisté en direct à la lente destruction de ma mère... elle avait 47 ans quand 
c'est arrivé, et s'est dévouée corps et âme pour lui en y  laissant une partie de sa santé. 
Elle refusait de le mettre dans une maison médicalisée, jusqu'au jour où elle a failli y 
laisser sa peau. Les médecins lui ont fait comprendre que si elle continuait comme ça, 
elle partirait avant mon père... 
Elle lui a trouvé une maison de retraite médicalisée où elle venait le voir tous les jours. 
Elle avait 67 ans soit 20 ans après son AVC. 
5 ans après il mourrait un 1er janvier... suite à une fausse route (étouffé par un aliment 
parti du mauvais côté).
J'ai été triste pour ma mère qui perdait d'un coup sa raison de vivre, j'ai eu peur quelle 
fasse une dépression. Elle l'a frôlée, mais c'est une femme forte, elle s'en est sortie.


Moi, j'ai ressenti un grand soulagement, enfin il était mort, enfin nous allions tous 
reprendre une vie à peu près normale et non pas nous lever chaque jour en nous 
demandant ce qui allait se passer. 

Allait il encore se perdre ? 
Aurions nous à courir toute la nuit dans toute la ville pour le retrouver ?  
Comment maman aller vivre ses caprices et sa tyrannie du jour ? 
Très peu de personnes peuvent comprendre cela. Il faut l'avoir vécu, non pas avoir 
connu quelqu'un qui.... mais l'avoir ressenti dans sa chair, dans ses tripes... 


En revanche si je pense à la mort de ma mère, là c'est une autre histoire...

Je suis prise d'un immense vertige, et l'image qui me vient c'est celle  d'un précipice. 
En y réfléchissant je réalise que pour moi les parents, sont une sorte de parapet au bord 
de ce gouffre. Et quand le dernier parent disparaît on se retrouve seul face à cet abîme... 

Oui le suivant c'est nous....

Ok, ok, pour un début d'année ce n'est pas un billet très drôle. 
Mais la Grande Faucheuse s'en fout, elle ne prend jamais de vacances......

mercredi 2 janvier j'ai twitté ceci :
"Je cherche pour un ami quelqu'un pour chanter à une messe d'enterrement"
J'ai été très touchée par tous les retweets de mes followers et des leurs.
mais il a suffi d'un CON qui non seulement n'a pas retweeté mais a twitté cela :
"C'est gai comme plan votre truc..."
Je refuse de débattre avec un abrutit, mais je lui aurais bien répondu :
"Pour les réclamations, vous adresser à la Grande Faucheuse 
qui elle ne prend jamais de vacances"






1 commentaire:

  1. J'aurais tant à dire... mais ce n'est pas l'endroit alors je me contente de te faire un câlin virtuel. Mon mari aime bien cette phrase "aimons nous vivants avant que la mort ne nous trouve du talent" c'est dans une chanson je crois, mais je ne me souviens plus du titre. Alors je me contente de mettre en pratique.

    RépondreSupprimer