mercredi 29 février 2012

Le jour où mon cœur se brisa

 Casablanca, début juillet 1963 

Ça faisait un moment que le ventre de ma maman grossissait. Moi, je croyais que c'était parce qu'elle se retenait depuis hyper longtemps de faire pipi. Mais non, un jour elle m'a dit qu'il y avait un bébé dans son ventre. 

Pourquoi elle dit des choses aussi bêtes ? Comment peut elle croire que je vais gober une histoire pareille ? Il a fait comment le bébé pour se mettre dans son ventre ? En plus, ça ne doit pas du tout être confortable là dedans. Et puis, comment il fait pour manger , pour respirer ? Et après, il fait comment pour sortir ? Je me demande où ils trouvent des idées pareilles ! 

Pour lui faire plaisir, je fais comme si j'avais compris. C'est souvent le meilleur moyen pour que les grands nous laissent tranquille, moi j'ai autre chose à faire qu'à écouter toutes ces histoire à dormir debout. 

Le 5 juillet, papa nous annonce qu'on a une petite sœur, elle s'appelle Coralie. Je saute de joie, je courre partout, je la cherche. 

 "elle est où ma sœur, je veux la voir, je veux jouer avec elle" 

Papa nous dit qu'elle est encore à la clinique et qu'elle sera là dans quelques jours avec maman. 

Comme il ne peut pas me laisser seule à la maison, il m'emmène avec lui en voiture pour aller chercher des chaises dans un magasin de Casablanca. 

Il se gare et me laisse toute seule dans la voiture en me disant qu'il revient tout de suite. Très vite, il y a plein d'enfants qui s'approchent de la voiture et qui me regardent. Ils sont tous collés aux fenêtres. Moi j'ai très très peur. Alors je pleure et j'essaye de me cacher sous les sièges. Je ne veux plus voir tous ces yeux qui me fixent. Je veux que mon papa revienne, je veux qu'il me prenne dans ses bras et me serre sur son cœur pour me consoler, qu'il me dise qu'il est là, que tout va bien, que maintenant je suis en sécurité. 

Et puis il arrive... 

il ouvre la portière... 

il monte dans la voiture... 

Moi, entre deux sanglots je lui dis que j'ai eu très peur... j'attends qu'il me serre contre lui. J'ai besoin qu'il me réconforte. 

Mais lui, il éclate de rire, et se moque de mes pleurs.

J'ai alors entendu mon cœur se fracasser en mille morceaux, et senti les éclats se planter à jamais dans ma chair.

 Ce jour là, j'ai compris que je ne devais plus jamais attendre aucune tendresse de sa part.

mardi 28 février 2012

Mon CDI d'être humain III période d'observation finie

J'ai presque fini ma période d'observation ! J'ai même réussi quelques examens.

Je marche : 

 Bonjour le travail, j'ai compris l'autre utilité de la couche, elle a le pouvoir d'amortir les chutes. Mais pour que cela soit sans conséquence il faut absolument faire ces tests de marche avec une couche vide... Autrement la chute est effectivement amortie mais avec des sensations pas très agréables... François il frimait, parce que lui, il avait déjà atteint une certaine perfection dans l'art de la marche, il arrivait même à courir alors, il passait son temps à me narguer, et chaque fois que je tombais il était mort de rire. La solidarité frère/sœur, on repassera ! 

Je suis propre : 

 Faut dire, que même si je faisais hyper attention à n'a pas tomber la couche pleine, cela m'arrivait assez souvent. Alors j'en ai eu vraiment marre et j'ai décidé qu'il fallait mettre un terme à tout cela. En plus je voyais bien que François il arrivait très bien à vivre sans. Je l'ai bien observé, pendant sa phase d'initiation. Maman le mettait sur un truc en plastique, cul nu. Pour une fois que c'était lui qui avait l'air d'un con, je ne me suis pas privée de regarder et de bien rigoler... Chaque fois qu'il se levait, maman vérifiait si il y avait quelque chose dans le truc en plastique. Tant qu'il n'y avait rien, elle le remettait sur le pot, oui c'est ça le nom du truc, un pot... En douce je suis aussi allée voir ce que maman attendait avec autant d'impatience. Quand j'ai vu, et surtout senti, j'ai compris, je n'avais plus qu'à me mettre au travail. Moi aussi je voulais qu'on me mette sur le pot. Je dois dire que cela n'a pas été simple, il m'a fallu un certain temps pour bien coordonner l'envie avec le réflexe du pot. Heureusement maman ne m'avait pas encore enlevé ma couche. Oui, ce n'est pas évident d'être capable de faire deux choses en même temps, ressentir cette envie pressante et en même temps penser au pot, c'est une vraie gymnastique du cerveau. Mais quand enfin j'y suis arrivée, qu'elle bonheur. Mes fesses étaient enfin libres !!! Plus de couche humide qui irrite. 

 Je mange toute seule : 

 Apprentissage long et douloureux pour moi comme pour ma maman. Il lui a fallu beaucoup de patience. Des heures pour chaque repas, parce que j'avais décidé que maintenant je prenais les choses en main. Ce n'est pas peu dire, après quelques tentatives avec la cuillère qui n'arrivait jamais à bon port, et ayant très faim, je finissais toujours par user des grands moyens, mes mains ! Il y en avait partout, sur moi, sur les murs, sur la table. Un périmètre de sécurité devait être installé pour éviter tout dégâts collatéraux. 

Depuis quelque temps il y a un nouveau bébé à la maison, il parait que c'est ma soeur, elle s'appelle Coralie. Au début, j'ai cru que c'était une poupée, mais dès qu'elle pleurait je comprenais bien que ce n'était pas ça... Ma maman elle passe son temps avec elle et moi je me retrouve toute seule. Si elle commence à me la piquer, on va pas être copine toutes les deux. 


Il suffit de voir l'air avec lequel je la regarde pour comprendre que je l'ai un peu mauvaise ! Mon frère, ça lui plait. Ben, il a cas s'en occuper, moi pendant ce temps j'irai voir ma maman...

Je suis prête pour aller à l'école :


Un jour, maman m'a dit :

- "maintenant tu es une grande fille, tu vas pouvoir aller à l'école comme François."


Mais, elle n'a rien compris, NON je ne suis pas une grande, je ne veux pas être une grande ! Je veux bien aller à l'école, faire des dessins, mais je suis encore toute petite.

En fait, j'ai compris que l'école c'était une ruse pour se débarrasser de moi et ne s'occuper que de l'autre.

En plus, je n'avais pas encore réalisé que maman ne serait pas avec moi... Tout ça à cause de la nouvelle. 

Alors, un matin, mon frère, maman et moi sommes partis a l'école. Et là, maman m'a dit au revoir. J'ai pleuré très longtemps, et comme je n'étais pas toute seule dans ce cas, la dame qui était là, elle ne savait plus où donner de la tête. C'était comme un concert, chacun y allait de ses pleurs, avec quelque fois même des cris. Je ne sais pas comment la dame a fait pour garder son calme, et son sourire. Je trouve pas ça cool du tout que les mamans ne restent pas avec nous. Parce que si elles étaient là, la dame elle n'aurait plus besoin de courir pour consoler tout le monde en même temps. Mais voilà, les mamans elles restent avec les nouveaux bébés !

Quand tout le monde s'est enfin calmé, c'était l'heure du déjeuner, et maman est venue me chercher. Là je me suis dit, que je n'y retournerai pas. Non seulement j'avais les yeux tout rouge, mais en plus comme j'avais fait pipi, je suis rentrée chez moi avec une culotte que je ne connaissais pas, et la mienne toute mouillée dans un petit sac... Quand tu as un vrai gros chagrin, tu crois que tu réalises que tu as envie ? Non, c'est impossible. Tu te concentres sur ton chagrin et c'est tout. 

Tout au fond de moi, je me disais que ce petit accident - c'est comme ça qu'ils disent les grands- me permettrait de ne pas retourner à l'école. Ca voulait bien dire que je devais repasser l'examen du pot, non ?! Et cet examen il se passe à la maison ?! 

J'ai vite déchanté, j'y suis retournée, le lendemain. Et tous les jours qui ont suivi. 

J'étais embarquée dans un truc de fou, je ne savais pas que ça durerait aussi longtemps, et heureusement, sinon je ne crois pas que je l'aurais supporté. Ils savent très bien faire les grands pour te berner. Oui, de temps en temps ils ne t'emmènent pas à l'école et chaque fois je me disais que cette fois c'était bien fini. 

 Tu parles !


c'est moi au milieu, j'ai pas l'air très convaincu par l'école !

lundi 27 février 2012

Galerie de portraits : Mon Ulysse



 Le jour où je l'ai rencontré, je me suis d'abord noyée au fond de ses grands yeux bleus. Il avait un charme fou. Cheveux bouclés poivre et sel. J'ai toujours aimé les hommes poivre et sel et  plus âgés que moi... Entre 10 et 15 ans de plus. Sûrement la recherche du père, tellement absent.

Il était breton, il aimait la mer et la voile. Son regard pétillait. Il me regardait avec émerveillement.

 C'était si bon, de voir ça dans le regard d'un homme. 

Je lui ai donné mon numéro de téléphone, en espérant qu'il l'utiliserait rapidement. Je voulais continuer à nager dans ses yeux bleus. Je voulais revoir cet émerveillement...

Le lendemain, on sonne à ma porte, j'ouvre, et ne vois qu'un énorme bouquet de fleurs, et derrière un livreur. 

Je regarde la carte qui accompagne ce bouquet et là, je tombe par terre, c'était lui. Sur le mot, il avait écrit : 

 "bonjour belle sirène." 

Juste avec mon numéro de téléphone, il avait trouvé mon adresse. C'était dans les années 80. Les portables, la présentation du numéro, l'annuaire inversé et toutes ses options qui aujourd'hui rendent les choses si prévisible, n'existaient pas. 

J'étais d'autant plus touchée, que j'ai toujours été poursuivie par les sirènes. Mon grand-père me disait quand j'étais petite que j'étais une sirène. J'achète mon appartement et les poignées des fenêtres sont des sirènes. Je monte une société et mon associée me propose de prendre comme logo une sirène... 

Nous nous sommes vus et revus et encore et encore. Il me laissait toujours de jolis mots. J'étais sur un petit nuage. J'avais trouvé mon Ulysse. Ok c'est un peu tarte mais c'est ce que je pensais à l'époque, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas moins cul-cul et fleur bleue qu'une autre ! 

Et puis, j'ai découvert qu'il était marié... 

 Il a continué à me laisser des mots : 

"j'ai une envie folle d'accoster à nouveau sur ton île bleue" 
"je pense à toi... Mais je ne sais que faire..." 
"j'ai rêvé d'une sirène sur une île" 
"à nouveau j'ai rêvé d'une sirène... Il faisait chaud, sa peau était chaude et salée"


dimanche 26 février 2012

galerie de portraits : le mufle !

Encore un dans la catégorie : si-tu-ne-veux-pas-être-seule-fais-des-efforts. 


Lui, pas désagréable physiquement, pas inintéressant, mais pas top. Sinon il ne ferait pas partie des si-tu-ne-veux-pas-être-seule-fais-des-efforts.            

La première rencontre se passe bien. Le problème c'est que je ne sais pas sauter au cou des mecs. Donc si il ne tente rien, il ne se passe rien... 

On se rappelle, se revoit, toujours rien... 

Lui m'envoie un SMS pour me demander quand on passerait à l'étape supérieure !!. Là, j'aurais dû partir en courant. 

Mais, j'étais en stage de : fais un effort ! 

Alors on se revoit, et on conclue, dans une ambiance pas très chaleureuse ! 

La semaine suivante, il m'invite chez lui... On devrait TOUJOURS visiter le lieu de vie d'un mec avant d'entreprendre quoique ce soit. 

J'en ai rencontré un qui avait une table basse aquarium ! Un autre qui m'a reçu avec ses charentaises et qui, le lendemain matin, est parti courir avec son joli survêtement bien remonté sous les aisselles... 

Bref revenons en à mon mufle. 

Étant toujours en stage de : fais un effort. Je me suis dit : Ce n'est pas grave, son intérieur est à vomir, mais est-ce bien capital ? Regarde sa beauté intérieure, voilà ce qui est important. 

Il avait intérêt à avoir une méga hyper grosse beauté intérieur pour pallier son immonde appartement !

M'apprêtant à partir 3 semaines dans le midi, je lui propose de venir passer quelques jours avec moi. 

Voici sa réponse : 

-"elle est où exactement cette maison ?" 
-"dans les terres, au milieu des vignes, à 10 km de la mer" 
-"alors, non, je ne viendrai pas, je préfère allez chez une de mes cousines qui, elle, a une maison au bord de la mer" 
-............ !!!!!!! 



maison-pas-au-bord-de-la-mer

J'ai alors pris une très grande décision : 

 J'arrête ce putain de stage !

samedi 25 février 2012

Mon CDI d'être humain

Maintenant j'ai bien compris, je m'appelle Sophie, j'ai un frère qui s'appelle François, une maman, un papa. Il y a aussi le papa et la maman de ma maman, eux, je dois les appeler bonne-maman et grand-père. Enfin pas tout de suite, je vous rappelle que je suis toujours en période d'observation. Je me tais, je regarde, j'étudie, j'écoute, j'essaye de comprendre, et je dors pour que tout s'organise bien dans ma tête.  

Je leur fais croire que je ne suis qu'un tube digestif. Ils me remplisse par en haut, et je me vide par en bas, d'où l'utilité des couches. D'ailleurs j'ai compri pourquoi le "caca" sent mauvais. C'est juste parce que si ça ne sentait rien, et ben, je pourrais rester longtemps avec la couche pleine. L'odeur, n'étant pas très appréciée par les grands, je peux vous dire qu'ils font tout leur possible pour s'en débarrasser. Heureusement pour nous ! 

J'aimerais dire quelque chose d'important aux grands. Quand je deviens toute rouge, parce que je pousse, vous pourriez arrêter de vous extasier, tout en vous marrant, et en criant : 

"regarde, regarde, elle est drôle, elle pousse !" 

Moi, je ne trouve pas ça drôle du tout, un peu d'intimité me ferait plaisir ! C'est vrai, vous, vous allez vous enfermer dans une pièce, et personne ne peut vous voir à ce moment là. Juste un instant, par solidarité, imaginez que plein de gens vous regarde pousser, avec toutes les veines de votre visage prêtes à exploser, tout en riant ! 

Alors, ça vous fait moins rire, non ?! 

En plus, nous les bébés, quand on pousse, après on garde bien collé aux fesses, cette fameuse crotte. Et ce n'est pas du tout, mais pas du tout confortable. Un minimum de respect serait le bienvenu !

Maintenant que ceci a été mis au point, je peux continuer... Ah, non il y a autre chose. Ceux qui ont la bonne idée de me faire faire l'avion, juste après mon déjeuner, ça aussi il faudrait arrêter. Quoiqu'il en soit, moi j'ai trouvé la solution. Je "régurgite", c'est comme ça qu'ils disent quand je recrache mon déjeuner en pleine figure de celui qui me prend pour un avion. 

Le bébé a néanmoins certains avantages, il peut :

- réveiller toute la maison à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. 
- roter et péter quand il veut, les grands, ça les éclate, ils en redemandent. 
- vomir sur les épaules de qui il veut.  
- faire "vrrrrrrrrrou" avec la bouche pleine de purée. 
- faire pipi juste au moment où l'on enlève sa couche. 
- refuser de manger. Bon là il ne faut pas abuser, quand il arrête de se nourrir, il y a un vent de panique, alors, cette option est à utiliser avec parcimonie, en résumé, faisez gaffe. 
- mordre tous les doigts qui passent près de leur bouche 
-tirer les cheveux...

Un vrai bonheur, si j'avais su que je ne pourrais plus faire tout ça, j'en aurais un peu plus profité. 

En échange de tous ces privilèges, il faut aussi leur donner, de temps en temps, certaines choses :

- sourire dès que quelqu'un te sourit bêtement. Quelque fois, moi, il me faut un petit moment pour sourire, parce qu'il y a des grands qui font des têtes pas possible et j'ai encore un peu de mal à reconnaître que c'est pas une grimace mais un sourire... 
- rire aux éclats quand on te fait des "gazou gazou" même chose si quelqu'un secoue sa tête en faisant des " ha bha oui le bébé, il est content le bébé " 
- faire des "arrrrrrrrrrheuuuuuu". 
- agripper les doigts qui se présentent.

 Après ils te foutent la paix, ils sont tellement contents. Dans ces moments là ils se regardent avec un sourire un peu niais. 

C'est un vrai boulot d'être bébé. On n'imagine pas tout ce qu'il faut faire pour pouvoir manger être changée et surtout DORMIR ! 

Ensuite, viennent les réunions de famille. Pour moi, ça a commencé par le baptême. C'est assez bizarre comme truc. D'abord ils m'ont mis une robe blanche super longue. J'ai eu une de ces frousses, j'ai cru qu'ils allaient me marier avec un inconnu... Quand j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de bébé en queue de pie, j'ai été soulagée. 

La robe... non mais... elle est bien trop longue ! Vous avez pas percuté qu'on ne voit même pas mes jolis chaussons ! Heureusement que je n'ai pas encore l'option marche, sinon, je me serais vautrée vite fait bien fait. Quelque fois je me demande à quoi ils pensent tous ces grands. 

On m'a emmenée dans une très grande salle, très belles il y avait plein de fenêtres avec des couleurs qui font des dessins. Et le plafond est super haut. Et quand quelqu'un parle, ça rebondit sur les murs. 

Un homme arrive, je le sais, il a une voix d'homme, et heureusement qu'il y a la voix, parce qu'il est habillé en fille avec une robe et des dentelle. 

La hooooooonte ! 

Les grands, ils font comme ci c'était normal, ils ne disent rien, ils ne rigolent même pas. Et là, l'homme habillé avec sa robe, il m'arrose la tête ! Non mais je rêve, avec la touffe de cheveux que j'ai il va falloir des heures pour que ça sèche ! Et encore une fois, personne ne dit rien. Je ne sais pas si pendant le CDI on doit passer des examens, mais de temps en temps, je me dis qu'ils ont dû les rater.

Après retour à la maison, où il y un monde fou. Maman, papa, Francois, grand père et bonne maman, eux je commence à les connaitre. 

Mais les autres, qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? 

 Il y en a une que papa appelle mère. C'est la plus vieille. En vrai c'est la maman de papa, mais lui il dit mère. De tout manière je comprends toujours pas tout, parce qu'il dit aussi mère pour bonne maman...

 Pourquoi ? On peut avoir 2 mamans ? 

Et puis il y a les autres, ceux qui s'appellent : cousins. Alors là il y a plein de formats différents. Moi je me méfie surtout des petits. Eux, dès que les grands tournent le dos ils me touchent, me mettent les doigts dans la bouche, dans les yeux, me pincent et même quelque fois ils me bouchent le nez.

Attention "cousins", je vous ai bien photographiés dans ma tête et dès que j'aurai terminé ma période d'observation, je vais me venger ! 

Ces réunions de famille, en fait c'est juste pour me montrer les différentes phases que je vais connaître pendant mon CDI d'être humain. Du plus jeune au plus vieux. 

J'ai pas hâte d'être en fin de contrat, parce que, j'ai l'impression qu'on fini tout froissé...


vendredi 24 février 2012

Quitte studio pour nouvelle aventure

Mois de juin , je suis bien au chaud dans mon studio, qui ceci dit en passant, devient un peu trop petit pour moi, mais peu importe, il parait que je vais devoir en partir très prochainement. 
Pourtant j'y suis bien, ma voisine la plus proche à une voix douce, j'ai parfois l'impression qu'elle me parle. Depuis peu, j'ai deux nouveaux voisins, je les entends moins. J'ai l'impression qu'ils connaissent bien l'autre, celle qui s'appelle Isabelle. Eux ils ont l'air d'être un couple moins jeune, je me demande même si ils ne sont pas apparentés avec ma voisine. 

L'été est presque là, je sens que je vais adorer cette saison. Bon c'est pas tout ca, mais il faut que je prépare mon départ, je vais jeter un œil dehors en entrebâillant ma porte.
Cela ne m'excite pas plus que ça ce qu'il y a à l'extérieur. Pourquoi faut-il que je parte?  

Mais que se passe-t- il ? Il y a un branle bas de combat chez la voisine, Isabelle dit aux nouveaux : 

 "je crois qu'il faut y aller... "

Elle n'a pas l'air bien, j'ai même l'impression qu'elle a mal la pauvre. 

Allez, moi, je vais me coucher. Je ne suis absolument pas obligée de partir maintenant, et puis je suis trop bien ici. Avant de sortir de toute manière il faut que je me fasse une petite épilation, et je vais lire l'horoscope, pour voir quel est le meilleur moment pour mon déménagement. 
Le mieux est de partir au moment du signe du cancer, c'est pas moi qui le dit, c'est l'horoscope ! 

C'est décidé, je sors le 22 juin. Le 22 ?! je n'ai plus beaucoup de temps, c'est demain ! 

Je serais bien restée un peu plus, mais là apparemment, j'ai entendu des nouvelles voix dire que si je n'étais pas sortie le 22 ils allaient faire ce qu'il faut pour me dégager de là. Et moi, on ne me parle pas sur ce ton ! Rien que pour les emmerder, j'ai décidé que je sortirai toute seule le 22, en plus c'est joli comme chiffre 22.

La sortie n'a pas été simple, la porte était un peu petite, mais j'y suis arrivée, et là, j'ai réalisé que plus jamais je ne pourrai revenir en arrière, j'ai été super triste, tellement triste que j'ai crié un grand coup, pour montrer ma déception. 
J'ai regardé autour de moi. Tout est si grand. Je suis dans les bras d'une dame et il y en a une autre qui me regarde toute émue. Immédiatement j'ai reconnu sa voix, c'est Isabelle. Les autres ils ont dit c'est ta maman ! Bon si ils veulent, ok, ça doit être son pseudo, va pour maman, mais faut d'abord que je m'habitue je l'appellerait maman plus tard. 

Il y a aussi un couple plus âgé, et Isabelle, elle appelle la dame maman et le monsieur papa. C'est incroyable les deux copines s'appellent pareilles. Papa, lui il a une moustache et il tient serré sans ses bras l'autre maman. Et puis eux, ils ont le droit d'appeler maman Isabelle. Je comprends pas tout mais ça va venir. 

Ils ont l'air content, ils disent :

 "c'est une fille après un fils c'est formidable !" 

Ça c'est sûr, je suis bien une fille, parce que il n'y a pas un mec qui avant de sortir pense à se faire épiler et lit l'horoscope... 

En parlant d'épilation, l'esthéticienne n'étant pas disponible avant le 25 juin, j'ai dû sortir comme ça, avec mes poils, et vu la tête qu'à fait Isabelle-maman, je me suis dit que tout compte fait j'aurais peut être dû attendre le 25. 
Je pense que de temps en temps il faut rappeler aux Hommes qu'ils descendent bien du singe. 

Et il a fallu que ça tombe sur moi ! 

Des poils, j'en ai jusqu'aux sourcils et dans le dos. Malgré ça ils ont réussi à savoir que j'étais une fille, là, je dis bravo. Parce que je ne leur avais pas encore parlé du rendez-vous raté avec Arlette mon esthéticienne. 

J'ai compris quelque jours plus tard, qu'il y avait un autre gars qui s'appelait papa, il était là, je l'entendais. En me concentrant, je me suis vaguement souvenue que je connaissais cette voix. Mais bon il a fallu que je me concentre très très fort. Lui, il est arrivé, j'étais toute propre et les poils étaient tombés. Alors, son excuse, pour son retard, c'est qu'il jouait au golf au Maroc, pendant qu'Isabelle, elle organisait le déménagement entre l'Algérie et le Maroc, m'hébergeait et  s'occupait d'un autre ; le fils. 

Celui là je l'ai pas rencontré tout de suite, il avait pas le droit de venir. Quand je l'ai vu, j'ai été très surprise, il n'avait pas le même format que les autres, il était petit, il marchait, mais c'était pas terrible, je voyais bien qu'il essayait de copier sur les normaux, et pour le vocabulaire, on repassera. 

On m'a dit c'est ton frère, il s'appelle François. Bon, il faudrait savoir, il s'appelle frère ou François ?
Qu'est ce que c'est que ce bordel où tout le monde a plusieurs appellations ? Et puis c'est pas toi qui choisis celle que tu préfères, non, non, il y a ceux qui ont le droit de dire chérie, d'autres maman, et encore d'autres madame ! Je vais avoir un peu de mal à m'y faire, j'espère que je ne vais pas trop me planter ! Le mieux, c'est de me taire et de regarder.

Maintenant, ils m'annoncent que je m'appelle Sophie. J'ai essayé de leur faire comprendre qu'ils se trompaient, je m'appelle MOI. Mais je ne sais pas encore parler leur langue, alors je suis devenue Sophie. J'ai réalisé aussi qu'ils s'appelaient tous : moi ou toi.

Le plus important c'est que j'ai tout de suite aimé Isabelle-maman, elle est trop cool, elle me regarde avec un regard qu'elle seule est capable de me donner. Et quand elle parle, j'ai l'impression d'être à nouveau dans mon petit studio, en sécurité. Je sais qu'avec elle tout se passera bien. C'est ma meilleure copine. D'ailleurs, elle me met son sein dans la bouche, et c'est super bon. Tellement bon que régulièrement je m'endors de bonheur. Bon après elle me tape dans le dos et là un bruit immonde me sort du corps. Et elle, elle est trop contente. Elle me dit : 

"c'est bien tu as fait un bon rototo." 

C'est ma copine, alors, si elle le dit c'est sûrement vrai. Pour être honnête, j'avoue qu'après le "rototo" je me sens hyper bien. 

Après, je me retrouve les jambes en l'air, une odeur nauséabonde envahissant la pièce, et en trois manipulations, elle me met un nouveau truc entre les jambes, une couche, me rhabille et hop au lit. Pour dormir... Et dormir, j'en ai vraiment besoin, parce qu'ici ce n'est pas de tout repos !


sur la photo : Henri-papa-toi-moi-chéri-monsieur, François-tonfrêre-chéri-toi-moi-monfils, Isabelle-maman-chérie-madame-mafille-moi-toi, MOI-Sophie-tasoeur-chérie-lebébé-mafille.

Voilà, le 22 juin 1960, je démarrais mon CDI d'être humain. 

Au début, j'étais en période d'observation. Je les laissais faire. Je bouffais et dormais tout le temps. Mais c'était une ruse de leur part. Ils font ça pour éviter toute démission pendant la période d'essai. Parce qu'ils prennent bien soin de ne pas te dire qu'après, ce n'est plus du tout comme ça. 

Et là tu ne peux plus rien faire, tu es coincé dans ce CDI qui n'est pas tous les jours très drôle !

jeudi 23 février 2012

Galerie de portraits : Mon escroc

J'ai trainé pendant longtemps sur des sites de rencontre. De vrais supermarchés. Avec ses têtes de gondoles, ses promotions, des produit allant du haut de gamme jusqu'au très bas de gamme.

www.la.foire.a.la.farfouille.com 

 Un jour je dégote un article qui semblait moyen haut de gamme, il s'appelait ... Au fond on s'en fout de son prénom, 48 ans, Pas très grand, du charme, mince, des yeux bleus, photographe de mode - là il passait direct en produit haut de gamme- et un cabriolet -on passe au produit de luxe-. 

Oui, je l'avoue, je suis aussi cul-cul, fleur bleue, et conne qu'une autre. Parce que photographe de mode avec cabriolet, quand même, faut être très limitée pour immédiatement faire passer le gars en produit de luxe. 

Il n'a pas été difficile à emballer, j'en ai même été surprise, un thé, un cinéma, et hop un roulage de pelle. On se revoit le soir pour conclure.

 Je suis aussi une fille facile, et alors ?

J'ai testé les autres options : 
- j'embrasse pas la première fois, ben il n'y a pas de seconde fois... 
- j'embrasse la première fois mais je ne couche pas... Toujours pas de seconde fois... 

Donc j'embrasse et je couche et puis si il n'y a pas de seconde fois au moins je me suis bien éclatée. Avec cette méthode il y en a qui ont duré plusieurs mois voire même des années.. Comme quoi, il n'y a pas de règle. 

Quelques jours plus tard, Il m'invite au restaurant. Il revenait d'un week end en Bretagne, où avait aidé un ami à déménager. Dîner sympa. Jusqu'à ce que l'addition arrive. 

"Oh nooooooon", me dit il, "j'ai oublié mon portefeuille en Bretagne, alors ça c'est vraiment ballot... Moi qui voulais t'inviter !" 

Le pauvre- encore dans mon délire d'abrutie -, il est si gentil. C'est l'intention qui compte après tout. Bon allez, je paye. 

Je décide de persévérer . On m'a suffisamment dit qu'il fallait que je fasse des efforts pour rencontrer quelqu'un, que si j'étais toujours célibataire, c'était parce que je n'y mettais pas assez du mien. Alors là des efforts je vais en faire. Non mais surtout je m'accroche, parce que je me demande comment un mec comme ça peut s'intéresser à moi. Un photographe de mode avec un cabriolet !!!! Je comprendrai plus tard le pourquoi du comment. 

Un soir, il est venu dîner chez moi, c'était un garçon vraiment agréable à recevoir, il était si simple et naturel, il n'hésitait jamais à me dire que c'était vraiment dégueulasse ce que j'avais préparé. Le poulet, oui il aimait ça, mais mariné, alors là non ! La glace, mais quelle idée j'avais bien pu avoir de prendre un assortiment chocolat, passion, pêche, poire, lui qui n'aimait que la vanille. Non mais c'est vrai, comment avais-je pu commettre un tel impair ?! 

Quand il restait coucher chez moi, il regardait la télé jusqu'à pas d'heure, tout en disant que franchement ma télé était vraiment naze, les couleurs mauvaises et le son, n'en parlons pas ! C'était vrai, il était un peu vieux mon poste de télé. Mais tout de même ! 
Il faut aussi préciser qu'après la première nuit, il n'y a plus jamais eu de parties de jambes en l'air. De ce côté là, je peux dire qu'il n'a pas profité de la situation... 

Le matin de la fête des mères, il n'avait pas un sou pour faire un cadeau à sa maman, le pauvre chou. Ni une ni deux je lui prête de l'argent. Qu'il me rendra dès qu'il aura récupéré sa carte qui a... disparu...
Après, il m'a aussi fait le coup de la voiture enlevée par la fourrière. Il part de chez moi, revient 15 mn plus tard, l'air catastrophé, sa voiture a dû être embarquée, elle n'est plus là, et devinez quoi, toujours pas d'argent. Moi toujours en état de mort cérébrale, je lui prête. 

 Nous en étions à la modique somme de 500€. Il fallait que je mette un terme à tout ceci ! 

Un mec peut me rendre totalement idiote, mais quand je me réveille mon intelligence est décuplée. La wonder Woman qui sommeille en moi se réveille : Je tourne sur moi même et hop culotte bleu diadème et même le lasso. Cette tenue ne me va pas à ravir, mais c'est comme ça quand on est Wonder Woman, on est obligée de porter la tenue. A tout prendre, je préfère celle là à celle de Colombo !




Quand il était chez moi, il profitait de mon ordinateur et de ma connexion internet. Après 2-3 manipulations, j'ai réussi à me connecter sur sa boîte mail. Et là, toute sa vie s'est étalée sous mes yeux ébahis. 

- il continuait à aller au super marché, 
- il consommait des produits, 
- il n'avait pas fait de photo depuis très longtemps, 
- sa voiture n'était plus assurée, 
- il commandait sur eBay et ne payait pas, 
- il n'avait pas 48 mais 52 ans 

Lors de mes investigations, j'ai trouvé les coordonnées d'une autre victime chez qui il avait squatté un certain temps, et à qui il devait du fric. Je l'appelle, me fait passer pour une femme qui cherche à le retrouver pour récupérer l'argent qu'il lui a pris. À ma surprise, elle le défend : 

 "le pauvre il est dans une mauvaise passe. "

Je le vois le soir même, et l'engueule, en lui disant qu'une fille m'avait appelée pour me dire qu'il lui devait de grosses sommes d'argent, que ce n'était pas possible, je ne voulais pas être emmerdée avec une de ses ex, et qu'il était hors de question qu'il donne mes coordonnés à quiconque. 

Il prend un air un peu embêté, et me dit qu'il pense savoir qui c'est, me donne même un prénom, et ajoute qu'une autre de ses amie a reçu le même appel. 

 He oui mon pote, c'était moi...

Il me rassure, il a les choses bien en main, il va régler le problème en l'appelant pour qu'elle arrête. Il a même ajouté, que cette femme était folle, et qu'elle le harcelait depuis longtemps. 
Là je me suis dit, le mec il devait avoir une belle collection de casseroles. 

Peu de temps après, je lui ai dit que je le quittais, parce que, un mec dans mon lit sans sex, cela n'a aucun intérêt. C'est vrai, moi j'ai du mal à dormir avec quelqu'un dans mon lit, alors je veux bien passer une mauvaise nuit, mais à condition de partager au moins une étreinte torride. 
Je ne lui ai pas dit mais en plus, nous étions à une semaine de mon anniversaire, et il était hors de question que je paye moi même le cadeau qu'il comptait sûrement me faire ! 
Il a été un peu surpris d'être débarqué aussi rapidement. Et là, Je me suis fait un malin plaisir en ajoutant, cette phrase que je trouve pathétique : 

 " restons bons amis. " 

Je ne pouvais pas couper les ponts, il fallait que je récupère mes 500€. Il m'a fallu 4 mois, mais j'ai tout récupéré. Je ne l'ai jamais lâché, je l'ai tanné, je l'ai appelé tout le temps, toujours gentiment, et il m'apportait 100€, une autre fois 150€ et enfin le solde. 

Je pense que j'ai dû être la seule à lui tenir tête et à ne jamais abandonner. Après avoir réglé sa dette il a continué à m'appeler pour qu'on se voit, en toute amitié. Moi, je n'ai pas donné suite. 

 Mon AMI, lui ?! Et puis quoi encore ? 

 5 ans plus tard, alors que je faisais un tour sur un site de rencontre, je l'ai retrouvé. A l'époque de notre histoire, il avait indiqué sur le site un âge de 48 ans et moi j'en avais 3 de moins. 

 5 ans après j'avais 2 ans de plus que lui... 

 Je suis toujours célibataire, mais des souvenirs drôle comme celui là, j'en ai plein la tête.

 Un conseil, ne jamais réveiller la Wonder Woman qui sommeille en moi.

mercredi 22 février 2012

Les politiques je n'y crois plus

Ça existe encore des gens qui croit que les politiques vont changer notre vie ? 

 Cela ne vous a sûrement pas échappé, il y a une élection présidentiel cette année. 

Si vous n'êtes pas au courant, c'est que : 
- vous avez moins de 3 ans 
- vous êtes dans le coma-enfin. Pas vous, parce que si vous lisez ces lignes c'est que vous n'êtes pas dans le coma !
 - vous êtes atteint de la maladie d'alzheimer, vous êtes au courant, vous l'êtes plus, vous l'êtes, vous l'êtes plus, bref ça dépend du moment. 

Les Hommes -je mets une majuscule pour parler des hommes et femmes politiques- donc les Hommes politiques, nous gonflent, je sais pas pour vous mais moi, ça fait un moment que je ne les supporte plus.

D'abord, il y a eu les primaires socialistes, avec François, Martine, Ségolène, Arnaud, Emmanuel et l'inconnu. Il faut toujours au moins un représentant des minorités, cela aurait pu être une personne issue de l'immigration, ou, un handicapé, mais là ils ont préféré choisir un inconnu, c'est leur choix, du moment qu'il y en a au moins un, tout va bien, sinon attention à l'amende pour non respect de quota !

 Vous remarquerez qu'il y avait la parité. Si on ne compte pas l'inconnu, qui en fait si vous m'avez bien suivie, compte pour du beurre. Donc parité il y avait. Enfin,  à la française. Oui, en France, 2 femmes 3 hommes c'est la parité . Attendez, de là où l'on vient c'est même plus que la parité, j'appellerais même ça un MIRACLE. 

Bon alors tout ce petit monde s'est insulté par média interposés, pour finalement s'aimer d'un amour sincère le soir des résultats. Oui, ils se sont promis que eux c'étaient à la vie à la mort, ils ont craché par terre, peut être même, mais là je n'ai pas de preuve, ils ont fait le pacte du sang. On se pique le bout du doigt et on mélange son sang... 

On sentait bien leur amour, ça faisait vraiment chaud au cœur. 

Les autres ont, enfin, fait leur entrée, Dominique, Hervé, Christine, Eva - dites donc, en tapant Eva, mon correcteur m'a immédiatement proposé -évacué- ça c'est dur ! 
Je reprends, donc Eva, Corinne, et Jean-Luc sûrement d'autres, toujours ce fameux quota des minorités.  

Et vas y que je crache sur notre Nicolas, qui lui ne peut rien dire, il est toujours président, et il compte bien le rester le plus longtemps possible. Surtout, il aime bien alimenter le suspens, il a tout compris le bougre, il connaît bien les audiences télé de dingue que font toutes ces séries policières à la télé, alors lui il fait pareil. Il a dû bien se marrer pendant ce temps là, trop content d'être le seul à connaitre la fin du suspens. 

Eva, et ses lunettes rouges qui maintenant peuvent aussi être vertes, son accent décrié - quand on n'a plus que ça comme argument, il faut commencer à se faire du soucis - Mais le pire, c'est surtout, la vraie chef d' Eva, comment elle s'appelle déjà ? Oui, c'est ça Cécile, ben elle avait pas l'air convaincu par son poulain... 

Jean-Luc, lui identique à lui même, un descendant de Marchais, il en faut un, c'est important, pour la démocratie ! Et puis c'est toujours amusant de voir les propositions qu'il fait. 

Dites donc je viens de réaliser que j'ai complètement oublié Marine, elle aussi elle est là. La petite Marine à son papa. 
Moi, son sourire il me fait vraiment peur. J'espère que c'est juste un sourire pour nous, et que en famille il est plus... Détendu, chaleureux... Franc... 
Bref, elle sourit et moi je pars me cacher sous ma couette en me disant, quand je vais ressortir elle ne sera plus là avec son sourire, et enfin je serai en sécurité. 

Dominique, lui c'est le martyr, rappelez vous, notre Nicolas, il lui en a fait bavé, et ben là, il a décidé de se venger et toc, il se présente... 

Corinne, elle, elle se bat pour l'écologie, décrétant que sa copine Eva n'est pas au niveau. D'ailleurs il semblerait que celle-ci lui aurait dit merde... 

Enfin, Hervé et Christine, qui, dès que Nicolas a fait cesser ce suspens digne des meilleurs polars, se sont ralliés à lui. Tout ça pour ça !!! 

Alors ça c'est la cuisine visible par nous, les GENS. Mais derrière, c'est magouilles et compagnies. J'te donne mes voix si tu me donnes tel poste, etc. 

Au final, celui qui sera élu ou réélu, avec ses belles promesses, quand il va avoir les clés de son château, d'abord, il va faire une mega fête, très très discrète. Je le vois bien, tournant sur lui même, sautant, levant les bras au ciel, l'oeil brillant, criant des youpi ! Comment je lai niqué l'autre ! C'est qui le plus fort ? C'est mezigue ! Oui, le bonheur ! 

De servir au mieux la France ? Non, le bonheur d'avoir enfin le pouvoir et de se prendre pour dieu pendant 5 ans. Nous les GENS, à ce moment précis, nous n'existons plus. Vous savez c'est la même chose que pour un abonnement téléphonique, tant que vous êtes un prospect on vous bichonne, une fois que vous êtes un client, vous n'existez plus... 

Après sa fête, il va nommer ses potes aux différents postes - je vous rappelle que tout cela a déjà été prévu bien avant l'élection. Toi tu auras l'industrie, toi l'agriculture, toi les finances etc. Ceux sont les seules postes où on ne vous demande aucune expérience d'ailleurs. La preuve, les mecs, ou les filles, ils peuvent passer d'un ministère à un autre comme ça, du jour au lendemain... Il n'y a que les sportifs qui eux sont cantonnés au ministère des sports. 

Mais ce n'est pas grave, tous les potes du président, vont recruter d'autres personnes, qui eux vont vraiment travailler. En gros ils vont tout faire. 

Je récapitule. 

Il y a d'abord dieu, qui nomme ses apôtres, qui eux mêmes recrutent des fidèles. 

Dieu, après ses youpi trala la tsoing tsoing, dit aux apôtres :

" dis donc, j'ai promis que je doublerai le SMIC, tu peux t'en occuper ?" 

L'apôtre lui répond :

"ok pas de problème j'te prépare ça aux petits oignons."  

Il appelle ses fidèles leur refile le bébé, faut pas exagérer, il va pas en plus s'y coller, et ajoute :

"démerdez vous, c'est une demande de dieu." 

Les fidèles, partent au charbon, étudient tout le bordel, le tourne dans tous les sens et puis , ben ils n'y arrivent pas... 
Alors penauds, après des mois de travaille, ils partent annoncer la nouvelle à leur apôtre, je vous dis pas le mal de ventre qu'ils ont ce jour là, parce que avec dieu faut pas déconner... 

L'apôtre il s'énerve, parce que c'est LUI qui ça devoir annoncer la nouvelle à dieu. 

Il y va courageusement, se remémorant les promesses de dieu à son égard, il se rassure comme il peut, il prepare une petite bombe, ça peut toujours servir. Ca y est il est prêt. Il prend alors un air de circonstance, et annonce la terrible nouvelle. 

Et là, stupéfaction, dieu il s'en fout, il a sa place pour 5 ans, alors promesses tenues ou pas, il garde son job lui. 

 Et puis n'oubliez pas, vous n'êtes plus des prospects dorénavant, vous êtes devenus des pigeons...

Damned, j'ai oublié l'autre François... ben tant pis... 

mardi 21 février 2012

Ma vie d'ermite !

Aujourd'hui, alors que je faisais du vélo dans une baignoire. Si si ça existe, je pédale pendant 30mn dans une baignoire remplie d'eau froide... 

Il y en a bien qui se flagelle, moi j'ai choisi de pédaler pour expier tous mes péchés, je peux vous dire que je peux pédaler un bon bout de temps pour tout expier... 

Plutôt que de pédaler con, je lis, je dois avouer que de temps en temps, je me laisse tenter par un bon VOICI. C'est aussi très important de suivre l'actualité pipôle, sinon, on  risque d'être très vite larguée. 

En ce moment je lis un livre très intéressant. Le mec, il est parti dans les forêts de Sibérie, tout seul, pour 6 mois. Genre ermite... 

Déjà moi j'ai l'impression de faire ermite quand je passe deux jours sous ma couette, sans voir ni parler à un être humain. Mais j'ai la télé qui me parle et puis j'ai twitter ou instagram, qui me donnent l'illusion d'être moins seule. 

Lui, il part seul, au mois de février, au bord du lac Baïkal, dans une cabane en bois, avec chiottes sur le palier version ermite, c'est à dire dehors, à 10 mètres de la cabane.

La télé, niet, l'ordinateur il en a apporté un mais il n'a pas supporté l'écart brutal de température, il fait -30°, le téléphone satellitaire, il marche une fois sur... 40. Son premier voisin est à 5 heures de marche...  
Pas de voiture, il a été déposé avec 6 mois de provision de bouffe et boisson, une male de livres, et, dans 6 mois quelqu'un viendra le chercher.

Et moi sur mon vélo, dans ma baignoire en plein cœur de Paris, je me dis et si je faisais pareil, pour comme lui, méditer sur ma vie, voir ce qu'il se passe quand je me retrouve seule. 

Non, non ça va pas être possible, d'abord, parce que la forêt sibérienne il faut prendre l'avion, et ça j'aime pas. 
Ensuite il faut faire les courses de bouffe pour 6 mois, et là le problème, c'est que je serais capable de tout bouffer d'un coup un jour de blues.

Et puis non, le pire, ce sont les chiottes, à 10 m de la cabane ! 
Si une envie pressante surgit pendant la nuit, avant de sortir faut 20mn pour s'habiller afin de ne pas geler, moi, je suis désolée, mais 20mn, soit je me rendors, soit je ne me retiens pas. 

D'ailleurs, il ne l'a pas encore dit dans son livre, mais vu ce qu'il boit comme vodka, il doit sûrement avoir envie de faire pipi la nuit, et je suis sûre qu'il va pas dehors, ni même juste à sa porte, vous imaginez, -45° la nuit ?! 

D'une part il risque de ne plus trouver sa bite tellement elle est devenue petite, ensuite, il risque de la casser parce qu'elle aura immédiatement gelé, mais en admettant qu'il ai réussi à passer les deux étapes précédentes, il aura l'air malin en rentrant se coucher avec un stalactite d'urine au bout du zguègue ! 

CQFD il fait pipi dans un seau. 

Moi, je préfère faire ermite sous ma couette, il suffit juste que : 

- Je n'allume plus la télé,
- Je ne me serve plus de mes ordi, IPhone, IPad etc.
- je coupe l'électricité
- je remplisse ma baignoire pour faire genre je vais chercher l'eau du lac.   
- Je mette des boules "qui est-ce ?" Pour avoir l'impression d'être seule au monde. 

Et au moins là, si j'ai un coup de panique, et donc que j'ai tout bu et tout mangé d'un coup, il n'y plus qu'à tout rebrancher et hop c'est fini ! 

Vous savez quoi, on dirait que je serais en formation "boulot d'ermite" tous les week end ! 

Quand j'aurai obtenu mon diplome d'ermite, d'abord, j'écrirai un livre et ensuite je partirai très loin, toute seule. 

Mais j'ai cru comprendre qu'il faut une très longue formation pour ça...


lundi 20 février 2012

Une annonce toute pourrie !

L'autre jour, je me suis dit, et si je m'inscrivais sur un site de rencontre. 

Première chose, rédiger l'annonce : 

"quinqua. célibataire, sans enfant, et chômeuse, cherche homme intelligent, drôle bien dans sa peau. "

Ça c'est une annonce toute pourrie, on est d'accord, et pourtant, c'est la vérité. Mais voilà, la vérité ne doit jamais être dite dans une annonce de ce type. 

Analysons cette annonce, à laquelle je donne un 0/20 -si la loi l'autorisait je mettrais même une note négative-, mais bon soyons indulgente !

Quinqua : ça renvoie une image de vieille, pré ménopausée, donc irritable et avec une libido en baisse. Et puis, vieille comment, 
- déjà bien amochée ? Du genre qui a beaucoup bu et fumé, teint ocre, pores dilatés, rides creusées ?
- Bien conservée ? Oui, mais pour combien de temps ? 
- Refaite ? Ressemblant au fruit d'un croisement improbable d'un félin et d'un canard ? 

Célibataire : cela n'a rien a voir avec divorcée ou veuve, non non non, c'est une femme qui n'a JAMAIS été mariée. Bon, vous me direz qu'elle a pu vivre avec quelqu'un, oui, ok. Mais mon éducation chrétienne ne me permet pas de voir les choses sous cet angle ! 
Célibataire célibataire ? Elle doit être moche et/ou bête et/ou chiante. 

Sans enfant : alors là, peut être un point positif. Au moins elle m'emmerdera pas avec ses gosses. Et sera ravie d'avoir les miens en week end sur deux. 

De ce pas je relis l'annonce, merde, j'ai oublié de préciser, homme intelligent bla bla bla et sans enfant à charge. 

Faut pas déconner, je n'ai pas eu les plaisirs que peuvent procurer ses propres enfants, je ne vais pas me tartiner à mon âge les emmerdes de ceux des autres... 

Et voilà, pour finir en beauté, la cerise sur le gâteau : 
Chômeuse : là, c'est le feu d'artifice, même le bouquet final, ça pète dans tous les coins, il y a des ohhhh la belle rouge, la belle bleue, wahou la belle jaune ! 

En bref si le mec a réussi à lire l'annonce jusque là, tout d'abord, bravo. Mais maintenant, on est sûr qu'il va passer à l'annonce suivante, sans même lire quel homme cette pauvre fille cherche, il le sait,

CE N'EST PAS LUI ! 

J'ai réfléchi, me suis creusée la tête pour pondre une autre annonce : 
Femme encore jeune de corps et d'esprit, disponible immédiatement pour un emploi une belle histoire, avec toi. 

"Disponible immédiatement", ça fait un peu dépêchez vous avant que la date de péremption soit dépassée. 

"Une belle histoire... ", Tout le monde sait que ça ne dure qu'un temps les belles histoires. 

Et puis après si j'en accroche un, il va bien me demander ce que je fais dans la vie, si j'ai des enfants etc.  

Trop compliqué, en plus, les sites de rencontre je les ai beaucoup pratiqués, et je sais que ce n'est pas pour moi.

 Et hop des économies de faites !

dimanche 19 février 2012

Week-end ! Ben oui, week-end, et alors ?!

Le week end quand on ne bosse pas, c'est un non événement. Et je peux vous dire, que je regrette de ne plus me réjouir de l'arrivée du week-end. C'est même dans ces moments là que je me sens le plus mal. Que mon sentiment d'inutilité refait surface avec violence et douleur.

Bon je ne vais pas me lamenter sur mon sort, parce qu'il y en a un qui est bien plus à plaindre que moi.

D'ailleurs Il me fait la gueule depuis vendredi. Il a raison, je lui avais promis que je m'occuperais de lui samedi ou dimanche au plus tard, et voilà, nous sommes dimanche, il est 21 h, il attend toujours. 

Je l'ai sorti de sa niche vendredi, je l'ai laissé se dégourdir autour de mon lit et puis j'ai arreté. Je l'ai mis dans un coin, où il a passé son week end à me regarder, en espérant qu'enfin il allait pouvoir faire quelque chose avec moi. 

Et bien NON. 

Il est toujours là, au coin, je le regarde, il me regarde, et je m'en veux de n'a pas avoir tenu ma promesse. 

En fait, je n'ai eu ni le courage ni la volonté de faire le ménage ce week end. Et c'est lui, mon aspirateur  qui en a pâti et qui tout naturellement me fait la gueule. Il peut continuer, je ne sais pas du tout quand je me déciderai. 

Il faut qu'il comprenne, qu'il ne retournera pas dans sa niche avant que je me décide à faire le ménage. Parce que moi, je le sais, si je le range,  c'est pas demain la veille que cela va être propre chez moi ! 


loin des yeux, loin du cœur.




vendredi 17 février 2012

La triste fin d'un slip.

Il y bien longtemps, alors que je partais travailler, je me suis retrouvée derrière un mec, pas coiffé, pas très frais, du style :
Je viens de sortir de mon lit à toute vitesse, mon réveil n'a pas sonné... Putain je suis à la bourre. 
Bon vous voyez le genre...

Soudain mon regard est attiré vers le bas de la jambe de son pantalon. Il se passait quelque chose d'étrange à ce niveau... 
Tout doucement, un truc se mît à sortir, un truc bleu, informe. Cette chose s'est alors délicatement dépliée, telle une fleur en atteignant le sol. 

Et là, stupeur, c'était un slip ! 

Inutile de vous dire que le propriétaire, ne s'étant rendu compte de rien, a laissé ce pauvre slip, finir sa carrière sur un trottoir.

Pouvez-vous imaginer une seule seconde ce qu'a dû ressentir ce slip ?  C'est vrai, il aurai merité une plus belle fin, je ne sais pas moi, finir au fond du lit d'une bombe atomique. Mais là, se retrouver seul, sur le trottoir, finir dans un caniveau, être la risée de tout un quartier. Moi ça m'a fendu le coeur, pas suffisamment pour que je l'adopte, il y a quand même des limites.

Cette histoire du slip qui se fait la belle en pleine rue m'a donné envie d'en savoir plus. Je me mis à interroger mon entourage pour savoir si eux aussi avaient assisté à une fin de carrière de slip aussi triste... 

Un jour, la mère d'une amie me raconta qu'un matin, alors quelle était en retard pour partir travailler, elle enfila, une culotte et une paire de collant propres-on peut être pressée et propre en même temps-son pantalon de la veille une chemise un pull, un manteau, et hop, rejoignit au pas de course la station de métro la plus proche. Arrivée à destination elle courut pour rejoindre son bureau. 

Mais là, elle a une sensation bizarre, comme un truc qui lui effleure les chevilles, elle se frotte la cheville avec son pied, mais non, il y a toujours, cette chose étrange, qui avec un rythme régulier lui frôle les chevilles. Agacée, elle s'arrête, regarde, et là, horreur, elle découvre des pieds de collants sortant des jambes de son pantalon... 
Bon sang, mais c'est bien sûr, le collant d'hier !!! 

 Depuis, je fais extrêmement attention le matin en m'habillant, j'inspecte, je secoue mon pantalon avant de l'enfiler, pour ne jamais, jamais, que ceci puisse m'arriver. 

Jusqu'au jour où... 

Un problème d'épaule m'a amené à suivre une rééducation en piscine. Les soirs de piscine, je repassais chez moi en vitesse pour mettre mon maillot de bain, me rhabiller et courir à ma séance. 

Comme tous les lundi, donc, séance de rééducation. J'arrive chez le kiné, je m'installe dans la salle d'attente, et retrouve un compagnon de rééducation, pas vraiment mon style d'homme, mais dés que je me trouve en présence d'un mâle je ne peux m'empêcher de me mettre en mode séduction, ma grand- mère était comme ça, ma mère est comme ça, donc je suis comme ça. 
Alors que j'étais en pleine minauderie, j'entends ma cible me dire :

- il me semble que vous avez perdu quelque chose. 

Je regarde, et je découvre ma petite culotte -toute petite, je crois même que cela s'appelle un string- tranquillement posée sur ma chaussure... Je peux vous dire que là, j'ai su que jamais je ne conclurai avec cet homme...

Ni une ni deux, je me penche pour ramasser ma copine- il était hors de question qu'elle finisse sa vie ici- et la range dans mon sac en laissant échapper :

- ho, mon mouchoir comment est-il arrivé là !

Oui c'était crédible petit et blanc, ça fait bien mouchoir, non ? NON ? 

Comme quoi, nous ne sommes jamais assez prudent, il n'y a pas QUE le matin que ce genre d'aventure peut vous arriver, mais bien à tout moment. 

 N'oubliez JAMAIS de bien inspecter l'intérieur de votre pantalon avant de l'enfiler !


jeudi 16 février 2012

Paul mon nouvel amoureux.

Voila, je l'ai rencontré ce matin, la porte s'est ouverte, il était 9 heure, à ce moment là, je ne savais pas que j'allais vivre tant de choses.

Il est arrivé, pas très séduisant au premier abord, un peu enveloppé, légèrement boudiné dans sa veste, veste qui avait toujours les points de coutures que mettent les fabricants pour éviter que le pan au dos de celle-ci ne se froisse pendant le transport- oui, je sais, je pinaille, mais bon je ne suis pas directrice de production pour rien- un gentil sourire, une poigne de main un peu molle. Il m'a dit : 
- Suivez-moi.

J'ai su alors, que c'était lui, c'était moi, il s'appelle Paul et nous sommes unis pour 3 ans, oui c'est bien vrai, "l'amour dure 3 ans". 

Encore ces putains de drogues hallucinogènes... 

Un moment de lucidité et je réalise que je suis à - pôle emploi- en face de moi, Paul, mon interlocuteur personnel. 
J'ai à peine le temps de lui donner mon CV que déjà, on lui annonce que sa prochaine fiancée, chômeuse, est arrivée. 
Il me regarde, l'oeil humide, et me dit des trémolos dans la voix, qu'il est désolé, qu'il n'a que 30mn à me consacrer. Mais, moi je sais que Paul va faire de son mieux pour moi, rien que pour moi. 

Excusez moi, une bouffée délirante... 

Il met à jour mon profil, change ma recherche d'emploi. Une fois tout ceci fait, il me dit fièrement : 
- maintenant on va regarder ce qu'il y a comme offres d'emploi.
Je le vois, il est fébrile, excité, lorsqu'il lance la recherche, Directrice de production. Là, heureux comme un enfant à qui on vient d'annoncer qu'il va aller à eurodisney, il me regarde, tourne l'écran de son ordinateur, et me dit : 

- regardez, il y a plein d'annonces, et même, les 2 premières correspondent à 98% à votre recherche !!! 

Il avait l'air si heureux, et pourtant il savait bien que si tel etait le cas notre belle histoire prendrait fin rapidement, ne m'aimait il pas ? Me rejetait-il déjà ? Je sais, c'est l'AUTRE, celle qu'il doit voir juste après moi... 
Désolée, j'ai beaucoup de mal à résister à ces bouffées délirantes. 

Il clique sur la première annonce, et là, patatras, toute la déception du monde peut se lire sur son visage. Il n'ose me l'annoncer, il hésite, puis se dit, je lui dois la vérité...
C'était un poste de direction de production dans le domaine informatique... 

Je rappelle que moi, je suis spécialisée dans la MOOOOODE ! 

Alors il clique fiévreusement sur la seconde, la troisième, la quatrième annonce, et toujours des domaines bien loin de mon univers- électricité, boucherie, pneus... 

Je me permets de lui demander si il n'y a pas une possibilité d'ajouter dans la recherche le domaine d'activité. Oui il y a bien cette option, le pauvre, il n'y avait pas pensé... Trop troublé par notre rencontre.

Je savais que cette nouvelle recherche allait briser son cœur -je l'avais déjà faite en douce chez moi- mais bon, je l'ai laissé faire, et soudain, sur son écran, en rouge, il a pu lire : 

aucune annonce correspondant à la recherche ! 

 Nous avons décidé de nous arrêter là pour aujourd'hui, il avait déjà 15mn de retard, nous nous sommes quittés, en nous jurant que nous nous reverrions dans un mois, le temps pour lui de récupérer... 

 Je suis partie sans jeter un regard sur ma rivale, l'indifférence étant la meilleure des armes, j'ai poussé la porte, me suis retrouvée sur le trottoir, il bruinait encore, le froid m'a réveillée. 

J'étais de retour dans la vraie vie.


mardi 14 février 2012

"Jamais il n'est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l'âme"

Aujourd'hui, c'était le jour de la philo. Oui, je suis des conférences de philo, tous les mardis et c'est un vrai bonheur. Dés que j'ai u que j'allais perdre mon emploi, je me suis inscrite, au moins ça me change des rendez-vous Pôle emplois...

Aujourd'hui Bertrand Vergely, nous a parlé, dans son cycle "les philosophes et la mort" de la mort comme faux problème.
Cet homme est passionnant, ce n'est pas un de ces philosophes qui s'écoute parler et/ou penser, il est clair, limpide.
Bon je ne vais pas vous refaire la conférence, mais voici quelques éléments que j'ai retenus et qui me semblent importants :
Il faut arrêter de penser à la mort, car il faut penser la pensée de la mort.
Il faut aborder la mort en pensant l'existence.
penser la vie est la meilleure façon de penser la mort.
Ne méditons pas sur la mort, mais méditons sur la vie.

Pour cette conférence il nous a remis un texte, lettre à Ménécée d'Épicure, hormis le passage disant : " la mort, n'est rien pour nous parce que, tant que nous existons nous mêmes, la mort n'est pas là, et que quand la mort existe, nous ne sommes plus"

J'ai beaucoup aimé cet autre passage :

"Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n'est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l'âme. Or celui qui dit que l'heure de philosopher n'est pas encore arrivée ou est passée pour lui, ressemble à un homme qui dirait que l'heure d'être heureux n'est pas encore venue pour lui où qu'elle n'est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l'un et l'autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se remémorant les jours agréables du passé ; celui là afin d'être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l'avenir. Par conséquent il faut méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu'il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l'avoir."

Voilà, voilà...

Pour finir une vidéo de Bertrand Vergely qui parle de l'émerveillement.

lundi 13 février 2012

Pas assez senior, pas assez senior est ce que j'ai une gueule de pas assez senior ?

Jai 51 ans, j'ai créé le service de production de John galliano il y a une quinzaine d'année, j'ai entièrement restructuré une petite boite, et aujourd'hui je postule à un poste de directrice de production pour une marque de prêt à porter lambda, et on me dit que je ne suis pas assez senior !
Il faut que je précise quelque chose, je ne suis pas furieuse de ne pas avoir eu le job, c'est comme ça, un autre a été choisi, ainsi va la vie. Non ce qui me rend furieuse, c'est la raison invoquée.
Il faut avoir fait quoi pour être senior ?
Léché le cul de la terre entière ? Si c'est ça, alors, je ne serai jamais senior.
Bref je me prends un grand coup dans la gueule. Moi qui n'ai jamais eu une très grande confiance en moi, là, je suis à terre.
J'aurais préféré qu'ils me disent que le feeling n'était pas passé, que j'etais trop vieille, oui, même ça j'aurais préféré, que je manquais d'expérience sur la prod en Asie.
Et puis , MERDE, la production en Asie ne peut pas être haut de gamme, alors qu'ils continuent avec leur merde. En plus en Asie, on ne sait jamais si ce ne sont pas des enfants qui confectionnent les vêtements, et moi ça m'aurait mise mal à l'aise.
En fait, la voilà la VRAI raison, je suis bien trop haut de gamme pour eux !
Et TOC, je te merde !
Tiens, si j'avais un gros pot de glace dans mon frigidaire, je te le descendrai à une vitesse !
Ouf que j'en ai pas, je me connais, après avoir tout englouti je me serais traitée de tous les noms...
Pas assez senior, pas assez senior, est ce que j'ai une gueule de pas assez senior ?
Bon allez, je vais allé sucer un glaçon.
CalamitySophie est très énervée elle est prête à dégainer à la moindre remarque ! Fesez gaffe !

dimanche 12 février 2012

Mahna Mahnam The question is : Who cares

Merci, merci et encore merci à ma super copine @greatpoule, qui m'a envoyé hier cette vidéo qui vous remet la pêche des les premières images.
Où comment avec un rien on peut faire rire. Enfin, rien, n'exagérons pas, pour arriver à ce résultat il a dû falloir beaucoup de travail. Mais c'est sa simplicité apparente qui est géniale. Un rire accessible à tous, je suis sûre qu'elle dériderait une armée de grincheux.
Bref à voir et à revoir tous les jours.
Voilà ce que devrait prescrire les médecins. Ça devrait être obligatoire sur chaque ordonnance, quelque soit la maladie traitée, hémorroïdes, gastro, grippe, déprime, constipation, fatigue...
Je vais de ce pas dire à notre président qu'il devrait ajouter ça à ses propositions, plutôt que de stigmatiser les chômeurs. Et puis, tiens Mahna Mahana devrait passer en boucle dans tous les pôle emploi.

Avec quelques extraits des Blues Brothers, pour ne pas se lasser !