Il y a des jours où je me sens comme une grosse merde écrasée sur un trottoir...
Après avoir été bien digérée par la vie, j'en ai été expulsée avec violence et me suis mollement étalée en une bouse infâme.
À choisir j'aurais préféré servir d'engrais pour de jolies fleurs, mais non, je suis une merde qui ne sert à rien. Vous savez cette merde que vous apercevez sur le trottoir et que vous évitez avec dégoût. Et quand par malheur vous lui marchez dessus, vous vous dépêchez de bien frotter votre chaussure pour être sur de décoller toute trace de cette... Merde.
Pourtant nous les merdes on a essayé de communiquer pour être un peu plus appréciées. Si vous nous marchez dessus du pied gauche ça porte bonheur. Mais vous vous en foutez, vous préférez pas de bonheur plutôt que ce truc infâme qui pue.
Et bien, je ne suis au chômage QUE depuis 2 mois, et j'ai de plus en plus la sensation d'être cette merde.
Il y a des jours où je me sens bien, en général, les jours où je vois quelqu'un, où j'ai une activité, où tout d'un coup j'ai l'impression de faire encore partie de la vie.
Le problème c'est que je vis seule, je n'ai pas d'enfant, pas de chien ni de chat pour qui je doive me bouger. Alors, je me réveille pleine de bonnes intentions, et au fur et à mesure, ces intentions disparaissent.
Il fait trop froid.
J'ai finalement encore de quoi bouffer dans mes placards, oui, oui une merde ça bouffe !
Le courrier, ca fait longtemps que plus personne n'en reçoit, alors ouvrir sa boîte à lettre une fois par semaine c'est amplement suffisant.
Etc.
Voilà, moi qui ai toujours aimé mon lit, je me rends compte, que mon lit, je l'aimais surtout parce qu'il fallait que j'en sorte tous les jours pour aller travailler.

right on target!
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ce que ton autodérision grinçante dissimule :-)