lundi 2 juillet 2012

Aujourd'hui je m'emmerde !

Aujourd'hui je m'emmerde ! 

Voilà un mois que j'ai commencé un contrat mis en place par mon fiancé Paul Emploi. Celui ci, le contrat, pas Paul, me permet de développer un projet au sein d'une entreprise pendant un maximum de 6 mois, l'entreprise me forme sur des compétences que je n'ai pas et si le projet est viable, je suis embauchée. 
Je trouve un cabinet de recrutement à qui je propose d'ouvrir un Pôle mode/luxe, domaine dans lequel j'ai travaillé pendant 25 ans. En échange la boss de ce cabinet me forme au métier de recruteur. Ce contrat ne coûte rien a l'entreprise, et moi je continue à percevoir mes maigres indemnités... 
Je me dis que le jeu en vaut la chandelle et que je préfère travailler en étant très mal payée plutôt que de toucher des indemnités en me morfondant chez moi. 

À CONDITION 

 que cela ne dure pas trop longtemps (6 mois est un maximum supportable) 
 et 
 que au bout j'ai une formation et une réorientation de carrière qui me convienne. 

Travailler pour des cacahuètes oui, mais pas trop longtemps... faut pas exagérer ! 

Je commence donc début juin. J'arrive heureuse de démarrer une nouvelle activité, prête à me démener pour réussir. 

 Mais voilà, la boss n'est JAMAIS là... 

 Je me dépatouille toute seule, remets d'équerre son site internet qui ne ressemblait à rien, commence à accumuler des CV mode/luxe... Et, à sa demande je sélectionne des CV pour un poste de télé prospecteur pour une entreprise dans le domaine pharmaceutique. 

prospection+pharmacie = planète mars pour moi
mais je suis de bonne volonté et je me renseigne à droite, à gauche, devant, derrière, pour mieux comprendre le langage codé de ce type de profil... 
Leads... 
Prospect... 
CRM 
Nurturing 
Élevage... Oui oui les commerciaux font de l'élevage de clients, ils les mettent aussi en couveuse...
 On est bien peu de chose !

 Je fais des entretiens en demandant aux candidats ce qu'ils préfèrent, l'élevage trouver des leads si ils ont une expérience CRM.  Bref je me mets à parler une nouvelle langue... 
Moi qui étais plutôt coutures anglaises, ourlets mouchoirs, satin, soie, défilés etc. J'ai l'impression de faire un bond dans l'espace intersidéral... 

Je vais voir le client, le "pharmacien", avec ma boss qui arrive avec 3/4 h de retard. Et là, je l'entends pipeauter pendant tout le RV... Et ça, moi j'aime pas. 
À la fin le client demande ce que MOI je fous là car il a cru comprendre que j'étais spécialisée mode...
J'ai réussi à m'en sortir en répondant comme une grande, je lui ai dit que mon expérience en accompagnement professionnel m'avait permis d'acquérir une bonne perception des Hommes ( avec un H majuscule, pas de confusion s'il vous plaît ! ) et que mon expertise était surtout basée, dans ce dossier, sur la personnalité des candidats. (Et non ce n'est pas du pipeau) 

Mais les entretiens et rendez-vous avec le client, sur un mois, ça m'a occupée 4 jours... 

Et aujourd'hui, je m'emmerde. Comme d'habitude ma boss n'est pas là. Alors, je compte les mouches, je constate que les carreaux mériteraient un bon nettoyage, que mon ordi est très lent (il a raison, il n'y a rien à faire, alors rame mon ami l'ordi, il n'y a aucune urgence !), je regarde les fleurs du jardin qui suivent le mouvement du vent...  

Si d'aventure, un lépidoptère  était pris de flatulences, tout le bureau le saurait...

C'est vous dire l'ambiance ! 

Au fond, je regrette que la dite mouche n'ai pas un gaz... Cela mettrait un peu de vie.... En parlant de vie, ils sont peut être tous morts... ou, partis...
Je vais aller vérifier si il y a bien quelqu'un ici, peut être suis-je toute seule, abandonnée... 
.... Non, non, je viens d'entendre des pas... Me voilà rassurée. 

Entre 2 mouches, je me pose des questions... Pourquoi ne pas monter ma propre structure ? 

Programme : 
je serre les fesses et les dents jusqu'en janvier, 
j'essaye de me former toute seule, par le biais de livres 
et je profite des rares fois où ELLE est là pour en apprendre un maximum.... 

et 
JE ME C.A.S.S.E.....

 Le plus compliqué pour moi étant de trouver des clients... 

OH WAIT !!!!

Il va falloir que je prenne un télé prospecteur !!!! 
Qui va mettre les clients en couveuse !!! 

Pas grave, maintenant je parle couramment le télé truc...

Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ne serait que pure coincidence ;-D

mercredi 11 avril 2012

Mais qu'est ce que vous en savez ?


Aujourd'hui est un grand jour, je me suis levée heureuse, je sifflotais, chantais des chansons oubliées depuis bien longtemps. Bref, il se passait quelque chose, mais quoi ? 

Et là, en regardant mon agenda, tout s'est éclairé, aujourd'hui, je revois mon amoureux Paul, vous savez, je l'ai rencontré il y a deux mois. Depuis nous avons échangé un mail, mais aujourd'hui je le vois en chair et en os... 

Le soleil brille, je pars guillerette à mon rendez-vous, je me surprends même à sautiller pendant le trajet, comme une petite fille. 

14h30, il est là, je le suis, m'assois et lui raconte ce qui s'est passé pendant ces 2 mois. Il m'écoute avec attention, il comprend mes difficultés. Me dit qu'il ne sait plus quoi faire pour moi............................................ 

Je reprends pied avec la réalité. Je ne suis qu'un dossier parmi tant d'autres, j'ai plus de 50 ans et je vis dans une société qui a décidé qu'après 45 ans on n'est plus bon à rien. 

Oui aujourd'hui j'avais rendez vous avec Paul mon conseiller Pôle Emploi. 

Je lui ai dit que quelque chose ne tournait pas rond en France, je réponds à des annonces qui me correspondent et je n'obtiens même pas un entretien. J'ai plus de 20 ans d'expériences, et pour beaucoup cela veut dire : chère et difficile à virer si nécessaire... 

Mais qu'est ce que vous en savez ? 

NON je ne suis pas chère. Pour moi le plus important c'est l'intérêt du job. Quand j'ai commencé chez John Galliano, nous étions 10, le challenge était génial, j'ai accepté ce poste alors qu'on me proposait au même moment autre chose, beaucoup plus plan-plan bien mieux payé. Je n'ai jamais regretté ce choix. L'aventure a été passionnante et enrichissante. 

J'ai aussi géré une petite entreprise nous étions 4, je m'occupais de tout, la compta, les achats, le site internet, les recrutements, l'informatique... Et tout ça pour le salaire que j'avais il y a plus de 20 ans. Pourquoi j'ai accepté ce salaire, encore une fois pour le challenge, la liberté, l'autonomie et la bonne ambiance. Je ne regrette pas non plus ce choix. 

Alors, vous les recruteurs, vous devriez prendre le temps de recevoir plus de candidats, oui, je sais il faut du temps, oui, je sais vous recevez énormément de candidatures, mais je crois que le jeu en vaut la chandelle. Vous pourriez être très agréablement surpris par ces quinquagénaires, qui ne ressemblent pas tous à la caricature que vous vous en faite. 

Et puis, je n'ai QUE 51 ans, il me reste encore 15 ans avant la retraite. Je fais comment si personne ne se décide à me recevoir pour vraiment savoir ce que je vaux ? Je ne demande pas grand chose, juste un entretien, après, vous pourrez décider, vous aurez vraiment tous les éléments pour cela. 
Et pas seulement un CV lu sur un écran froid.

samedi 7 avril 2012

Gros problèmes à gérer !

Depuis que je suis au chômage, j'essaye d'avoir au moins une activité par jour en dehors de chez moi. Gym, conférence de philo ou balade au jardin des plantes. 

Il faut dire que j'ai une réelle passion pour mon lit et ma couette, j'y fait tout, je lis, je pianote sur mon ordinateur, je regarde la télé, je bouffe et je fais la sieste. Si je m'écoutais je n'en sortirais jamais. 
Mais voilà, le chômage est venu me cueillir, et là, soudain, j'ai pris conscience que ma passion pour mon lit venait du fait que je devais le quitter tous les matins pour aller travailler. 

Aujourd'hui, je l'aime toujours, mais il commence à me faire peur. Peur d'y sombrer, de ne plus jamais en sortir, de devenir un Loukoum entouré de livres, de papiers, et qui sait peut être un jour de détritus..... 

Au secours ! 

 Alors, je me promène, je prends quelques photos, de fleurs,


de canards en train de s'envoyer en l'air,


ça ce n'est possible qu'au printemps.

D'ailleurs il faudrait que j'aille faire un tour à la ménagerie, au printemps ça doit donner !

Que ceux et celles qui me connaissent s'assoient, vous êtes bien assis ? 

Je mets des baskets pour me balader... 

Je sais, ça surprend, moi la première. Il m'arrive de me demander à qui appartienne les pieds que je vois quand je baisse la tête en marchant, c'est vous dire ! La baskets me sied à ravir, elles me donnent l'impression de mesurer 1,20m.  Mais voilà, c'est CONFORTABLE... 

Oh my God, je choisis le confort au détriment de l'esthétique ! 

Que celui qui a pris possession de mon corps se dénonce ! 

Pour un confort maximal, je mets aussi de ravissantes petites chaussinettes... Vous voyez, celles qui sont très très basses. Et ben, ces connes de chaussettes n'en font qu'à leurs têtes, elles adorent quitter mes talons pour se loger douillettement au creux de mes voûtes plantaires. Si elles, elles sont heureuses, moi je le suis beaucoup moins, d'une part ça me gêne pour marcher, mais en plus il y a risque d'irritation de la basket sur mes talons fragiles... Je n'ai qu'à les remettre, je le sais, et je l'ai fait une fois, tout un travaille, s'asseoir, délacer les baskets, remettre le talon en place, relacer et enfin repartir... Et un quart d' heure après, rebelotte, chaussettes en fuite... 

J'ai dû investir dans une paire de chaussettes plus hautes... 

 Bref, le confort c'est bien, encore faut il avoir l'équipement pour !

Oui, je sais ce que vous pensez, et je suis entièrement d'accord, j'ai de très gros problèmes à gérer !



lundi 2 avril 2012

Je ne suis pas une vraie blogueuse.

Oui en effet, j'ai lu ça et là qu'un vrai blog s'alimentait régulièrement, qu'il fallait qu'il y ait un fil rouge. Genre, n'écrire que sur des livres, le cinéma, les produits beauté, son boulot, la politique, la musique etc.

Et bien moi, ça me gonfle toutes ces contraintes, si j'écris c'est justement pour ne pas avoir à suivre des règles. Ceux qui me connaissent le savent bien, trop bien peut être !

Je peux écrire tous les jours et soudain plus du tout pendant des semaines. J'aime écrire sur tout et n'importe quoi, et surtout quand j'en ai envie ! 

Quand j'ai envie de vider mon sac, comme ici ou , quand je lis un livre, ici. Quand un événement fait remonter des émotions, ici. Et aussi sur mes "amours" ici ou !!! 

En bref, j'écris avant tout pour moi, et si cela touche, amuse, fait réagir des lecteurs alors j'en serai ravie. 

Vous voyez, je ne suis vraiment pas une blogueuse digne de ce nom, et au fond j'en suis assez contente !

vendredi 16 mars 2012

un VRAI papa...

Aujourd'hui je suis allée à l'enterrement du père d'une amie mais aussi d'un grand ami de ma mère. Oui, quand on atteint la cinquantaine, on commence à enterrer les parents de ses proches... 

L'église était bondée, tout le monde connaissait toutes les paroles, et  savait quand il fallait se lever et s'asseoir. Moi, je ne crois plus depuis très longtemps, j'en ai déjà parlé ici. Je ne vais donc plus à la messe, si ce n'est les messes de mariage et d'enterrement. Les mariages cela fait longtemps que je n'en ai pas eus, et les enterrements, j'en ai eu trop et je sais que la cadence va s'accroître avec le temps. Bref, ce que je veux dire, c'est que je ne suis pas très entraînée pour ce genre de chose, la messe. Et pourtant je suis à chaque fois surprise de voir que les paroles reviennent toutes seules au bon moment. Les "Amen", "et avec votre esprit", "ainsi soit il" sortent sans l'ombre d'un problème. Même les chants, j'en connais les paroles, ou à peu près... Alors moi qui aime chanter, je chante, ça m'évite de trop pleurer. 

Oui, je pleure beaucoup. Dabord, quand arrive le cercueil. Je ne vois pas un cercueil, je vois un homme allongé qui traverse l'église, un homme qui ne se lèvera plus, ne parlera plus, ne sera plus. Ensuite quand les enfants et petits enfants prennent la parole. Et aujourd'hui, j'ai surtout pleuré parce que cet homme était un VRAI papa. Cela m'a donc ramenée à mon père qui lui n'en était pas un. 
Chaque fois que je touche du doigt ce qu'est un VRAi père, je pleure de ne pas en avoir eu un. Quand je vois la complicité entre un père et une fille, je suis bouleversée. 

La première fois que j'en ai pris conscience, c'était il y a une quinzaine d'année, à l'époque j'avais un homme dans ma vie, nous ne vivions pas ensemble, mais nous nous voyions souvent et nous appelions tous les jours. Un soir, alors que nous étions au téléphone, il a un double appel, et me dit : 

- je te rappelle c'est ma fille qui veut me raconter sa première journée de stage. 

J'ai raccroché, et j'ai éclaté en sanglots. Quelque chose venait de m'exploser en plein cœur. J'ai alors eu une révélation : 

- c'est donc ça un père ? Quelqu'un qui sait prendre le temps d'écouter et surtout quelqu'un a qui on peut parler de sa première journée de stage ? 

J'ai redoublé de sanglots, cette simple phrase, 

-je te rappelle ma fille veut me raconter sa première journée de stage - 

m'a fait prendre conscience de cet immense vide qui me bouffe de l'intérieur. 

 Aujourd'hui, j'ai donc pleuré une fois encore sur ce manque. 

 Mais revenons en à nos moutons. Aller à une messe organisée par et pour des gens remplis de foi, c'est beau. Pas suffisamment pour que je revienne telle une brebis égarée, se repentant de ses écarts, non, il ne faut pas pousser. Mais c'est beau, c'est touchant, tout ce monde, cette chaleur, ces chants,  on a même fait une grande chaîne en se tenant tous par la main. 
Il a fallu que je me débarrasse vite fait du mouchoir en papier bien rempli que je serrais entre mes doigts, avant de prendre la main de mon voisin. Quelque soit son degré de foi, je ne pense pas qu'il aurait aimé se retrouvé collé dans mon mouchoir... Hormis cet incident, évité de justesse, je me suis bien tenue. J'ai même accompagné ma maman lorsqu'il a fallu bénir chacun son tour le cercueil. Elle, me glissant à l'oreille : 

- mets-toi devant moi, je veux que l'on voit que tu es ma fille... 

Aaaaaaaah, les mamans, quelque soit l'âge, il y a toujours cette fierté de montrer ses petits. C'est beau l'amour maternel ! 

Ensuite il y a eu le buffet déjeunatoire, et là, j'ai découvert l'art du troisième âge dans la gestion du dit buffet. Car, oui, c'est tout un art. Une fois qu'il a trouvé une brèche pour tenir la table, cela devient impossible de s'approcher. Quand il y est, il y reste. Quand il le quitte, il est vide. 

Une vieille copine de ma mère veut m'emmener vers le buffet, je lui dit qu'il est très difficile d'y avoir accès, ce à quoi elle répond : 

- Mais non, il faut juste faire " tut tut" et c'est bon ! 

Et là, je vois ma maman, qui je précise ne participait pas à notre conversation, réussir à se frayer un chemin en faisant en effet son "tut tut" à elle, en deux temps trois mouvements, elle y était. Une vraie pro. 

 J'ai encore beaucoup à apprendre, et c'est tant mieux !

 Je rends ici hommage à Bernard, un VRAI papa.

jeudi 15 mars 2012

"Freedom" tout ça pour ça !

Freedom 
Jonathan Franzen 



La critique a adoré ce livre. La quatrième de couverture dit : Paru aux États-Unis à l'automne 2010, Freedom y a connu un immense succès critique et public ( plus d'un million d'exemplaires vendus). 

Je me suis donc jetée sur ce pavé. 700 pages. Livre difficile à emporter dans son sac, lecture obligatoire chez soi. J'ai mis un temps infini à lire ce livre. Je l'ai trouvé très irrégulier. Des passages d'un chiants, mais d'un chiant... J'en ai même, j'avoue, sauté des pages. 

En résumé, Patty, Walter et Richard se rencontrent alors qu'ils font leurs études. Richard est le meilleur ami de Walter, et Patty, très attirée par Richard le "bad boy" épouse Walter. L'histoire se passe entre 1970 et 2010. Tout au long de ces 700 pages, nous partageons les rêves, les amours, les déceptions, les naissances, les tromperies de ce trio, pendant que les États-Unis font la guerre en Irak et en Afganistan... 

 ...Je me suis emmerdée... 

Des personnages pas très intéressants, sauf un, Richard. 

Richard, le "bad boy", typiquement un homme au cou duquel je me serais jetée il y a quelques années. Musicos, ténébreux et sautant sur tout ce qui bouge. Mais avec une fêlure immense. Les hommes blessés m'attirent comme des aimants. J'aime me plonger dans leur fêlures, même si je sais que je vais m'y noyer. J'ai longtemps cru que mes super pouvoirs, me permettraient de les consoler, les soigner, les aimer... 
Mais tout le monde sait bien que les super pouvoirs ÇA N'EXISTENT PAS !!! 

 Sauf moi ! 

Si je l'avais su, je n'aurais pas perdu autant d'énergie et d'illusion. Maintenant que j'ai compris, j'ai pris ma retraite sentimentale. 

Quoiqu'il en soit, malgré Richard, ce livre m'a déçu. 

 Bien contente que cela soit fini !

mardi 6 mars 2012

Ça va pas bientôt s'arrêter ?!

 Il y a un peu plus d'un an, ma sœur est arrivée, et maintenant on m'annonce encore que je vais avoir un frère ou une sœur. Ok, ok, vous m'avez eue une fois, pas deux. Parce que la "soeur" que j'ai eue la dernière fois, bonjour l'arnaque... 

Quand elle est revenue avec ma maman, j'étais super contente, je voulais la voir tout de suite pour jouer avec elle. Et là, on me montre un bébé, pas une sœur, un bébé, un truc qui pleure, bouffe et dort toute la journée. Si ça c'est une sœur, moi je n'y comprends rien. Ils auraient au moins pu rapporter une vraie sœur, comme moi, ce n'est pas très compliqué. En plus, aujourd'hui, elle a 1an 1/2 et ben je peux pas dire qu'elle ait fait beaucoup de progrès, elle tient juste debout, fait quelques pas, mais c'est pas encore ça... Alors avant que je puisse vraiment jouer avec elle, il va falloir du temps, et moi, je n'ai pas que ça à faire ! 

Et là, il y aurait encore un frère ou une sœur ? Quand mon frère et moi - Coralie est en dehors de tout ça, on ne comprend rien à ce qu'elle dit - disons ce que nous voulons, ils nous répondent : 

- c'est une surprise, on ne sait pas encore... 

Tu parles ils sont même pas capable de choisir, ils vont se décider au dernier moment, quand on leur montrera tous les bébés à vendre, ils vont prendre le plus beau, ou le plus gentil, je ne sais pas comment ils font. Mais moi je sais que ce sera un bébé et c'est tout. 

Le voilà le bébé, eux ils disent, ta sœur, Valérie. 

Et comme on peut le voir, je ne suis pas contente du tout de leur choix. 

Parce que j'avais beau dire que je savais que ça serait un bébé et pas un frère ou une sœur, tout au fond de moi, je priais pour que cette fois, ils ne se trompent pas et me ramènent une vraie sœur. Donc j'ai dit clairement à maman : 

 - maintenant ça suffit. J'en veux plus des bébés à la maison. Il va falloir arrêter d'aller en acheter... 

 Ils ne m'ont pas écoutée, 3 ans après, il y en a eu un autre, bébé, un frère, Philippe. Mais là, j'avais 8 ans, et j'ai pu jouer avec lui tout de suite. C'était ma poupée !!. Bon quand il pleurait trop, je le rangeais dans son lit. Et maman s'en occupait. 

Donc nous étions 5, mon frère, pour qui je n'existais pas, mes sœurs, qui n'ayant que 1ans1/2 de différence sont très vite devenues copines et le dernier, qui lui n'était qu'une poupée. Alors quand il n'a plus voulu être ma poupée, et ben moi je me suis retrouvée toute seule... 

Et seule dans une famille nombreuse c'est un peu dur, alors j'ai fait ce que j'ai pu pour me faire remarquer....

samedi 3 mars 2012

de l'importance de la précision...

Petite, je rêvais de faire de la danse, de la danse classique, pour les tutus, les chaussons, les pointes... 

Alors j'ai demandé à ma maman de m'inscrire à un cours de danse. Je me suis retrouvée dans un cours de danse rythmique !!. Au fond rythmique ou classique je m'en foutais, moi je voulais le tutu. 

Et là je me suis retrouvée avec une culotte bouffante blanche et une tunique faite avec deux morceaux de voilage. 

 La hoooooooonte !!! 

Voilà comment ma future grande carrière de danseuse étoile s'est effondrée ! Comme quoi cela tient à très peu de chose... 
Un oubli...

Comment pouvais-je savoir qu'il y avait différentes sortes de danse ? La seule danse digne de ce nom était forcément CLASSIQUE. Alors, pourquoi le préciser ? 

 Ce jour là j'ai appris que la précision est un élément primordial dans la communication !



mon rêve


ma réalité !

vendredi 2 mars 2012

Don't bother me I'm pinning

Pinterest 


Étant d'un naturel curieux, j'entends parler de ce pinterest, et hop me voilà inscrite. Et là, je me dis : 

À QUOI ÇA SERT ? 

 À rien, mais moi ça m'occupe. Je pine tous les jours, le matin, à midi, l'après-midi, le soir. Ça en devient compulsif. 

Une fois les jolies photos d'acteurs, d'actrices, de pipôles, d'inconnus, d'intérieurs, de paysages pinées, que faire ? 


Continuer, différemment...

Maintenant je pine monomaniaque, un coup : 

que du rose,



ou du vert




ou encore du beige



  Au final ça fait de jolis tableaux.

Je joue aussi à repiner les pines des autres, et les autres font de même avec les miens. Je te pine, tu me pines nous nous pinons entre pintos !

Je suis allée voir les pines dans la catégorie drinks and Foods, moi ça ne m'a pas donné faim du tout... 



 Et puis j'ai aussi l'impression d'avoir à nouveau 14 ans, je pine des phrases à la con. Comme celles que j'écrivais ado. dans mon agenda dans des couleurs improbables, mais qui faisaient genre :

"moi j'ai tout compris à la vie"


Et puis un jour, comme pour tous ces réseaux sociaux, il n'y aura plus que de la pub déguisée. Des photos que pour vendre. C'est pas grave je ne followerai pas ces gens là, et je pense que d'ici là je n'y serai plus. 

Drôle de truc que ce pinterest. Je n'ai toujours pas compris son utilité. Mais faut il toujours une utilité aux choses Un jour, je me lasserai, je pense même un jour très proche !   

Mais pour l'instant :


mercredi 29 février 2012

Le jour où mon cœur se brisa

 Casablanca, début juillet 1963 

Ça faisait un moment que le ventre de ma maman grossissait. Moi, je croyais que c'était parce qu'elle se retenait depuis hyper longtemps de faire pipi. Mais non, un jour elle m'a dit qu'il y avait un bébé dans son ventre. 

Pourquoi elle dit des choses aussi bêtes ? Comment peut elle croire que je vais gober une histoire pareille ? Il a fait comment le bébé pour se mettre dans son ventre ? En plus, ça ne doit pas du tout être confortable là dedans. Et puis, comment il fait pour manger , pour respirer ? Et après, il fait comment pour sortir ? Je me demande où ils trouvent des idées pareilles ! 

Pour lui faire plaisir, je fais comme si j'avais compris. C'est souvent le meilleur moyen pour que les grands nous laissent tranquille, moi j'ai autre chose à faire qu'à écouter toutes ces histoire à dormir debout. 

Le 5 juillet, papa nous annonce qu'on a une petite sœur, elle s'appelle Coralie. Je saute de joie, je courre partout, je la cherche. 

 "elle est où ma sœur, je veux la voir, je veux jouer avec elle" 

Papa nous dit qu'elle est encore à la clinique et qu'elle sera là dans quelques jours avec maman. 

Comme il ne peut pas me laisser seule à la maison, il m'emmène avec lui en voiture pour aller chercher des chaises dans un magasin de Casablanca. 

Il se gare et me laisse toute seule dans la voiture en me disant qu'il revient tout de suite. Très vite, il y a plein d'enfants qui s'approchent de la voiture et qui me regardent. Ils sont tous collés aux fenêtres. Moi j'ai très très peur. Alors je pleure et j'essaye de me cacher sous les sièges. Je ne veux plus voir tous ces yeux qui me fixent. Je veux que mon papa revienne, je veux qu'il me prenne dans ses bras et me serre sur son cœur pour me consoler, qu'il me dise qu'il est là, que tout va bien, que maintenant je suis en sécurité. 

Et puis il arrive... 

il ouvre la portière... 

il monte dans la voiture... 

Moi, entre deux sanglots je lui dis que j'ai eu très peur... j'attends qu'il me serre contre lui. J'ai besoin qu'il me réconforte. 

Mais lui, il éclate de rire, et se moque de mes pleurs.

J'ai alors entendu mon cœur se fracasser en mille morceaux, et senti les éclats se planter à jamais dans ma chair.

 Ce jour là, j'ai compris que je ne devais plus jamais attendre aucune tendresse de sa part.

mardi 28 février 2012

Mon CDI d'être humain III période d'observation finie

J'ai presque fini ma période d'observation ! J'ai même réussi quelques examens.

Je marche : 

 Bonjour le travail, j'ai compris l'autre utilité de la couche, elle a le pouvoir d'amortir les chutes. Mais pour que cela soit sans conséquence il faut absolument faire ces tests de marche avec une couche vide... Autrement la chute est effectivement amortie mais avec des sensations pas très agréables... François il frimait, parce que lui, il avait déjà atteint une certaine perfection dans l'art de la marche, il arrivait même à courir alors, il passait son temps à me narguer, et chaque fois que je tombais il était mort de rire. La solidarité frère/sœur, on repassera ! 

Je suis propre : 

 Faut dire, que même si je faisais hyper attention à n'a pas tomber la couche pleine, cela m'arrivait assez souvent. Alors j'en ai eu vraiment marre et j'ai décidé qu'il fallait mettre un terme à tout cela. En plus je voyais bien que François il arrivait très bien à vivre sans. Je l'ai bien observé, pendant sa phase d'initiation. Maman le mettait sur un truc en plastique, cul nu. Pour une fois que c'était lui qui avait l'air d'un con, je ne me suis pas privée de regarder et de bien rigoler... Chaque fois qu'il se levait, maman vérifiait si il y avait quelque chose dans le truc en plastique. Tant qu'il n'y avait rien, elle le remettait sur le pot, oui c'est ça le nom du truc, un pot... En douce je suis aussi allée voir ce que maman attendait avec autant d'impatience. Quand j'ai vu, et surtout senti, j'ai compris, je n'avais plus qu'à me mettre au travail. Moi aussi je voulais qu'on me mette sur le pot. Je dois dire que cela n'a pas été simple, il m'a fallu un certain temps pour bien coordonner l'envie avec le réflexe du pot. Heureusement maman ne m'avait pas encore enlevé ma couche. Oui, ce n'est pas évident d'être capable de faire deux choses en même temps, ressentir cette envie pressante et en même temps penser au pot, c'est une vraie gymnastique du cerveau. Mais quand enfin j'y suis arrivée, qu'elle bonheur. Mes fesses étaient enfin libres !!! Plus de couche humide qui irrite. 

 Je mange toute seule : 

 Apprentissage long et douloureux pour moi comme pour ma maman. Il lui a fallu beaucoup de patience. Des heures pour chaque repas, parce que j'avais décidé que maintenant je prenais les choses en main. Ce n'est pas peu dire, après quelques tentatives avec la cuillère qui n'arrivait jamais à bon port, et ayant très faim, je finissais toujours par user des grands moyens, mes mains ! Il y en avait partout, sur moi, sur les murs, sur la table. Un périmètre de sécurité devait être installé pour éviter tout dégâts collatéraux. 

Depuis quelque temps il y a un nouveau bébé à la maison, il parait que c'est ma soeur, elle s'appelle Coralie. Au début, j'ai cru que c'était une poupée, mais dès qu'elle pleurait je comprenais bien que ce n'était pas ça... Ma maman elle passe son temps avec elle et moi je me retrouve toute seule. Si elle commence à me la piquer, on va pas être copine toutes les deux. 


Il suffit de voir l'air avec lequel je la regarde pour comprendre que je l'ai un peu mauvaise ! Mon frère, ça lui plait. Ben, il a cas s'en occuper, moi pendant ce temps j'irai voir ma maman...

Je suis prête pour aller à l'école :


Un jour, maman m'a dit :

- "maintenant tu es une grande fille, tu vas pouvoir aller à l'école comme François."


Mais, elle n'a rien compris, NON je ne suis pas une grande, je ne veux pas être une grande ! Je veux bien aller à l'école, faire des dessins, mais je suis encore toute petite.

En fait, j'ai compris que l'école c'était une ruse pour se débarrasser de moi et ne s'occuper que de l'autre.

En plus, je n'avais pas encore réalisé que maman ne serait pas avec moi... Tout ça à cause de la nouvelle. 

Alors, un matin, mon frère, maman et moi sommes partis a l'école. Et là, maman m'a dit au revoir. J'ai pleuré très longtemps, et comme je n'étais pas toute seule dans ce cas, la dame qui était là, elle ne savait plus où donner de la tête. C'était comme un concert, chacun y allait de ses pleurs, avec quelque fois même des cris. Je ne sais pas comment la dame a fait pour garder son calme, et son sourire. Je trouve pas ça cool du tout que les mamans ne restent pas avec nous. Parce que si elles étaient là, la dame elle n'aurait plus besoin de courir pour consoler tout le monde en même temps. Mais voilà, les mamans elles restent avec les nouveaux bébés !

Quand tout le monde s'est enfin calmé, c'était l'heure du déjeuner, et maman est venue me chercher. Là je me suis dit, que je n'y retournerai pas. Non seulement j'avais les yeux tout rouge, mais en plus comme j'avais fait pipi, je suis rentrée chez moi avec une culotte que je ne connaissais pas, et la mienne toute mouillée dans un petit sac... Quand tu as un vrai gros chagrin, tu crois que tu réalises que tu as envie ? Non, c'est impossible. Tu te concentres sur ton chagrin et c'est tout. 

Tout au fond de moi, je me disais que ce petit accident - c'est comme ça qu'ils disent les grands- me permettrait de ne pas retourner à l'école. Ca voulait bien dire que je devais repasser l'examen du pot, non ?! Et cet examen il se passe à la maison ?! 

J'ai vite déchanté, j'y suis retournée, le lendemain. Et tous les jours qui ont suivi. 

J'étais embarquée dans un truc de fou, je ne savais pas que ça durerait aussi longtemps, et heureusement, sinon je ne crois pas que je l'aurais supporté. Ils savent très bien faire les grands pour te berner. Oui, de temps en temps ils ne t'emmènent pas à l'école et chaque fois je me disais que cette fois c'était bien fini. 

 Tu parles !


c'est moi au milieu, j'ai pas l'air très convaincu par l'école !

lundi 27 février 2012

Galerie de portraits : Mon Ulysse



 Le jour où je l'ai rencontré, je me suis d'abord noyée au fond de ses grands yeux bleus. Il avait un charme fou. Cheveux bouclés poivre et sel. J'ai toujours aimé les hommes poivre et sel et  plus âgés que moi... Entre 10 et 15 ans de plus. Sûrement la recherche du père, tellement absent.

Il était breton, il aimait la mer et la voile. Son regard pétillait. Il me regardait avec émerveillement.

 C'était si bon, de voir ça dans le regard d'un homme. 

Je lui ai donné mon numéro de téléphone, en espérant qu'il l'utiliserait rapidement. Je voulais continuer à nager dans ses yeux bleus. Je voulais revoir cet émerveillement...

Le lendemain, on sonne à ma porte, j'ouvre, et ne vois qu'un énorme bouquet de fleurs, et derrière un livreur. 

Je regarde la carte qui accompagne ce bouquet et là, je tombe par terre, c'était lui. Sur le mot, il avait écrit : 

 "bonjour belle sirène." 

Juste avec mon numéro de téléphone, il avait trouvé mon adresse. C'était dans les années 80. Les portables, la présentation du numéro, l'annuaire inversé et toutes ses options qui aujourd'hui rendent les choses si prévisible, n'existaient pas. 

J'étais d'autant plus touchée, que j'ai toujours été poursuivie par les sirènes. Mon grand-père me disait quand j'étais petite que j'étais une sirène. J'achète mon appartement et les poignées des fenêtres sont des sirènes. Je monte une société et mon associée me propose de prendre comme logo une sirène... 

Nous nous sommes vus et revus et encore et encore. Il me laissait toujours de jolis mots. J'étais sur un petit nuage. J'avais trouvé mon Ulysse. Ok c'est un peu tarte mais c'est ce que je pensais à l'époque, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas moins cul-cul et fleur bleue qu'une autre ! 

Et puis, j'ai découvert qu'il était marié... 

 Il a continué à me laisser des mots : 

"j'ai une envie folle d'accoster à nouveau sur ton île bleue" 
"je pense à toi... Mais je ne sais que faire..." 
"j'ai rêvé d'une sirène sur une île" 
"à nouveau j'ai rêvé d'une sirène... Il faisait chaud, sa peau était chaude et salée"


dimanche 26 février 2012

galerie de portraits : le mufle !

Encore un dans la catégorie : si-tu-ne-veux-pas-être-seule-fais-des-efforts. 


Lui, pas désagréable physiquement, pas inintéressant, mais pas top. Sinon il ne ferait pas partie des si-tu-ne-veux-pas-être-seule-fais-des-efforts.            

La première rencontre se passe bien. Le problème c'est que je ne sais pas sauter au cou des mecs. Donc si il ne tente rien, il ne se passe rien... 

On se rappelle, se revoit, toujours rien... 

Lui m'envoie un SMS pour me demander quand on passerait à l'étape supérieure !!. Là, j'aurais dû partir en courant. 

Mais, j'étais en stage de : fais un effort ! 

Alors on se revoit, et on conclue, dans une ambiance pas très chaleureuse ! 

La semaine suivante, il m'invite chez lui... On devrait TOUJOURS visiter le lieu de vie d'un mec avant d'entreprendre quoique ce soit. 

J'en ai rencontré un qui avait une table basse aquarium ! Un autre qui m'a reçu avec ses charentaises et qui, le lendemain matin, est parti courir avec son joli survêtement bien remonté sous les aisselles... 

Bref revenons en à mon mufle. 

Étant toujours en stage de : fais un effort. Je me suis dit : Ce n'est pas grave, son intérieur est à vomir, mais est-ce bien capital ? Regarde sa beauté intérieure, voilà ce qui est important. 

Il avait intérêt à avoir une méga hyper grosse beauté intérieur pour pallier son immonde appartement !

M'apprêtant à partir 3 semaines dans le midi, je lui propose de venir passer quelques jours avec moi. 

Voici sa réponse : 

-"elle est où exactement cette maison ?" 
-"dans les terres, au milieu des vignes, à 10 km de la mer" 
-"alors, non, je ne viendrai pas, je préfère allez chez une de mes cousines qui, elle, a une maison au bord de la mer" 
-............ !!!!!!! 



maison-pas-au-bord-de-la-mer

J'ai alors pris une très grande décision : 

 J'arrête ce putain de stage !

samedi 25 février 2012

Mon CDI d'être humain

Maintenant j'ai bien compris, je m'appelle Sophie, j'ai un frère qui s'appelle François, une maman, un papa. Il y a aussi le papa et la maman de ma maman, eux, je dois les appeler bonne-maman et grand-père. Enfin pas tout de suite, je vous rappelle que je suis toujours en période d'observation. Je me tais, je regarde, j'étudie, j'écoute, j'essaye de comprendre, et je dors pour que tout s'organise bien dans ma tête.  

Je leur fais croire que je ne suis qu'un tube digestif. Ils me remplisse par en haut, et je me vide par en bas, d'où l'utilité des couches. D'ailleurs j'ai compri pourquoi le "caca" sent mauvais. C'est juste parce que si ça ne sentait rien, et ben, je pourrais rester longtemps avec la couche pleine. L'odeur, n'étant pas très appréciée par les grands, je peux vous dire qu'ils font tout leur possible pour s'en débarrasser. Heureusement pour nous ! 

J'aimerais dire quelque chose d'important aux grands. Quand je deviens toute rouge, parce que je pousse, vous pourriez arrêter de vous extasier, tout en vous marrant, et en criant : 

"regarde, regarde, elle est drôle, elle pousse !" 

Moi, je ne trouve pas ça drôle du tout, un peu d'intimité me ferait plaisir ! C'est vrai, vous, vous allez vous enfermer dans une pièce, et personne ne peut vous voir à ce moment là. Juste un instant, par solidarité, imaginez que plein de gens vous regarde pousser, avec toutes les veines de votre visage prêtes à exploser, tout en riant ! 

Alors, ça vous fait moins rire, non ?! 

En plus, nous les bébés, quand on pousse, après on garde bien collé aux fesses, cette fameuse crotte. Et ce n'est pas du tout, mais pas du tout confortable. Un minimum de respect serait le bienvenu !

Maintenant que ceci a été mis au point, je peux continuer... Ah, non il y a autre chose. Ceux qui ont la bonne idée de me faire faire l'avion, juste après mon déjeuner, ça aussi il faudrait arrêter. Quoiqu'il en soit, moi j'ai trouvé la solution. Je "régurgite", c'est comme ça qu'ils disent quand je recrache mon déjeuner en pleine figure de celui qui me prend pour un avion. 

Le bébé a néanmoins certains avantages, il peut :

- réveiller toute la maison à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. 
- roter et péter quand il veut, les grands, ça les éclate, ils en redemandent. 
- vomir sur les épaules de qui il veut.  
- faire "vrrrrrrrrrou" avec la bouche pleine de purée. 
- faire pipi juste au moment où l'on enlève sa couche. 
- refuser de manger. Bon là il ne faut pas abuser, quand il arrête de se nourrir, il y a un vent de panique, alors, cette option est à utiliser avec parcimonie, en résumé, faisez gaffe. 
- mordre tous les doigts qui passent près de leur bouche 
-tirer les cheveux...

Un vrai bonheur, si j'avais su que je ne pourrais plus faire tout ça, j'en aurais un peu plus profité. 

En échange de tous ces privilèges, il faut aussi leur donner, de temps en temps, certaines choses :

- sourire dès que quelqu'un te sourit bêtement. Quelque fois, moi, il me faut un petit moment pour sourire, parce qu'il y a des grands qui font des têtes pas possible et j'ai encore un peu de mal à reconnaître que c'est pas une grimace mais un sourire... 
- rire aux éclats quand on te fait des "gazou gazou" même chose si quelqu'un secoue sa tête en faisant des " ha bha oui le bébé, il est content le bébé " 
- faire des "arrrrrrrrrrheuuuuuu". 
- agripper les doigts qui se présentent.

 Après ils te foutent la paix, ils sont tellement contents. Dans ces moments là ils se regardent avec un sourire un peu niais. 

C'est un vrai boulot d'être bébé. On n'imagine pas tout ce qu'il faut faire pour pouvoir manger être changée et surtout DORMIR ! 

Ensuite, viennent les réunions de famille. Pour moi, ça a commencé par le baptême. C'est assez bizarre comme truc. D'abord ils m'ont mis une robe blanche super longue. J'ai eu une de ces frousses, j'ai cru qu'ils allaient me marier avec un inconnu... Quand j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de bébé en queue de pie, j'ai été soulagée. 

La robe... non mais... elle est bien trop longue ! Vous avez pas percuté qu'on ne voit même pas mes jolis chaussons ! Heureusement que je n'ai pas encore l'option marche, sinon, je me serais vautrée vite fait bien fait. Quelque fois je me demande à quoi ils pensent tous ces grands. 

On m'a emmenée dans une très grande salle, très belles il y avait plein de fenêtres avec des couleurs qui font des dessins. Et le plafond est super haut. Et quand quelqu'un parle, ça rebondit sur les murs. 

Un homme arrive, je le sais, il a une voix d'homme, et heureusement qu'il y a la voix, parce qu'il est habillé en fille avec une robe et des dentelle. 

La hooooooonte ! 

Les grands, ils font comme ci c'était normal, ils ne disent rien, ils ne rigolent même pas. Et là, l'homme habillé avec sa robe, il m'arrose la tête ! Non mais je rêve, avec la touffe de cheveux que j'ai il va falloir des heures pour que ça sèche ! Et encore une fois, personne ne dit rien. Je ne sais pas si pendant le CDI on doit passer des examens, mais de temps en temps, je me dis qu'ils ont dû les rater.

Après retour à la maison, où il y un monde fou. Maman, papa, Francois, grand père et bonne maman, eux je commence à les connaitre. 

Mais les autres, qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? 

 Il y en a une que papa appelle mère. C'est la plus vieille. En vrai c'est la maman de papa, mais lui il dit mère. De tout manière je comprends toujours pas tout, parce qu'il dit aussi mère pour bonne maman...

 Pourquoi ? On peut avoir 2 mamans ? 

Et puis il y a les autres, ceux qui s'appellent : cousins. Alors là il y a plein de formats différents. Moi je me méfie surtout des petits. Eux, dès que les grands tournent le dos ils me touchent, me mettent les doigts dans la bouche, dans les yeux, me pincent et même quelque fois ils me bouchent le nez.

Attention "cousins", je vous ai bien photographiés dans ma tête et dès que j'aurai terminé ma période d'observation, je vais me venger ! 

Ces réunions de famille, en fait c'est juste pour me montrer les différentes phases que je vais connaître pendant mon CDI d'être humain. Du plus jeune au plus vieux. 

J'ai pas hâte d'être en fin de contrat, parce que, j'ai l'impression qu'on fini tout froissé...


vendredi 24 février 2012

Quitte studio pour nouvelle aventure

Mois de juin , je suis bien au chaud dans mon studio, qui ceci dit en passant, devient un peu trop petit pour moi, mais peu importe, il parait que je vais devoir en partir très prochainement. 
Pourtant j'y suis bien, ma voisine la plus proche à une voix douce, j'ai parfois l'impression qu'elle me parle. Depuis peu, j'ai deux nouveaux voisins, je les entends moins. J'ai l'impression qu'ils connaissent bien l'autre, celle qui s'appelle Isabelle. Eux ils ont l'air d'être un couple moins jeune, je me demande même si ils ne sont pas apparentés avec ma voisine. 

L'été est presque là, je sens que je vais adorer cette saison. Bon c'est pas tout ca, mais il faut que je prépare mon départ, je vais jeter un œil dehors en entrebâillant ma porte.
Cela ne m'excite pas plus que ça ce qu'il y a à l'extérieur. Pourquoi faut-il que je parte?  

Mais que se passe-t- il ? Il y a un branle bas de combat chez la voisine, Isabelle dit aux nouveaux : 

 "je crois qu'il faut y aller... "

Elle n'a pas l'air bien, j'ai même l'impression qu'elle a mal la pauvre. 

Allez, moi, je vais me coucher. Je ne suis absolument pas obligée de partir maintenant, et puis je suis trop bien ici. Avant de sortir de toute manière il faut que je me fasse une petite épilation, et je vais lire l'horoscope, pour voir quel est le meilleur moment pour mon déménagement. 
Le mieux est de partir au moment du signe du cancer, c'est pas moi qui le dit, c'est l'horoscope ! 

C'est décidé, je sors le 22 juin. Le 22 ?! je n'ai plus beaucoup de temps, c'est demain ! 

Je serais bien restée un peu plus, mais là apparemment, j'ai entendu des nouvelles voix dire que si je n'étais pas sortie le 22 ils allaient faire ce qu'il faut pour me dégager de là. Et moi, on ne me parle pas sur ce ton ! Rien que pour les emmerder, j'ai décidé que je sortirai toute seule le 22, en plus c'est joli comme chiffre 22.

La sortie n'a pas été simple, la porte était un peu petite, mais j'y suis arrivée, et là, j'ai réalisé que plus jamais je ne pourrai revenir en arrière, j'ai été super triste, tellement triste que j'ai crié un grand coup, pour montrer ma déception. 
J'ai regardé autour de moi. Tout est si grand. Je suis dans les bras d'une dame et il y en a une autre qui me regarde toute émue. Immédiatement j'ai reconnu sa voix, c'est Isabelle. Les autres ils ont dit c'est ta maman ! Bon si ils veulent, ok, ça doit être son pseudo, va pour maman, mais faut d'abord que je m'habitue je l'appellerait maman plus tard. 

Il y a aussi un couple plus âgé, et Isabelle, elle appelle la dame maman et le monsieur papa. C'est incroyable les deux copines s'appellent pareilles. Papa, lui il a une moustache et il tient serré sans ses bras l'autre maman. Et puis eux, ils ont le droit d'appeler maman Isabelle. Je comprends pas tout mais ça va venir. 

Ils ont l'air content, ils disent :

 "c'est une fille après un fils c'est formidable !" 

Ça c'est sûr, je suis bien une fille, parce que il n'y a pas un mec qui avant de sortir pense à se faire épiler et lit l'horoscope... 

En parlant d'épilation, l'esthéticienne n'étant pas disponible avant le 25 juin, j'ai dû sortir comme ça, avec mes poils, et vu la tête qu'à fait Isabelle-maman, je me suis dit que tout compte fait j'aurais peut être dû attendre le 25. 
Je pense que de temps en temps il faut rappeler aux Hommes qu'ils descendent bien du singe. 

Et il a fallu que ça tombe sur moi ! 

Des poils, j'en ai jusqu'aux sourcils et dans le dos. Malgré ça ils ont réussi à savoir que j'étais une fille, là, je dis bravo. Parce que je ne leur avais pas encore parlé du rendez-vous raté avec Arlette mon esthéticienne. 

J'ai compris quelque jours plus tard, qu'il y avait un autre gars qui s'appelait papa, il était là, je l'entendais. En me concentrant, je me suis vaguement souvenue que je connaissais cette voix. Mais bon il a fallu que je me concentre très très fort. Lui, il est arrivé, j'étais toute propre et les poils étaient tombés. Alors, son excuse, pour son retard, c'est qu'il jouait au golf au Maroc, pendant qu'Isabelle, elle organisait le déménagement entre l'Algérie et le Maroc, m'hébergeait et  s'occupait d'un autre ; le fils. 

Celui là je l'ai pas rencontré tout de suite, il avait pas le droit de venir. Quand je l'ai vu, j'ai été très surprise, il n'avait pas le même format que les autres, il était petit, il marchait, mais c'était pas terrible, je voyais bien qu'il essayait de copier sur les normaux, et pour le vocabulaire, on repassera. 

On m'a dit c'est ton frère, il s'appelle François. Bon, il faudrait savoir, il s'appelle frère ou François ?
Qu'est ce que c'est que ce bordel où tout le monde a plusieurs appellations ? Et puis c'est pas toi qui choisis celle que tu préfères, non, non, il y a ceux qui ont le droit de dire chérie, d'autres maman, et encore d'autres madame ! Je vais avoir un peu de mal à m'y faire, j'espère que je ne vais pas trop me planter ! Le mieux, c'est de me taire et de regarder.

Maintenant, ils m'annoncent que je m'appelle Sophie. J'ai essayé de leur faire comprendre qu'ils se trompaient, je m'appelle MOI. Mais je ne sais pas encore parler leur langue, alors je suis devenue Sophie. J'ai réalisé aussi qu'ils s'appelaient tous : moi ou toi.

Le plus important c'est que j'ai tout de suite aimé Isabelle-maman, elle est trop cool, elle me regarde avec un regard qu'elle seule est capable de me donner. Et quand elle parle, j'ai l'impression d'être à nouveau dans mon petit studio, en sécurité. Je sais qu'avec elle tout se passera bien. C'est ma meilleure copine. D'ailleurs, elle me met son sein dans la bouche, et c'est super bon. Tellement bon que régulièrement je m'endors de bonheur. Bon après elle me tape dans le dos et là un bruit immonde me sort du corps. Et elle, elle est trop contente. Elle me dit : 

"c'est bien tu as fait un bon rototo." 

C'est ma copine, alors, si elle le dit c'est sûrement vrai. Pour être honnête, j'avoue qu'après le "rototo" je me sens hyper bien. 

Après, je me retrouve les jambes en l'air, une odeur nauséabonde envahissant la pièce, et en trois manipulations, elle me met un nouveau truc entre les jambes, une couche, me rhabille et hop au lit. Pour dormir... Et dormir, j'en ai vraiment besoin, parce qu'ici ce n'est pas de tout repos !


sur la photo : Henri-papa-toi-moi-chéri-monsieur, François-tonfrêre-chéri-toi-moi-monfils, Isabelle-maman-chérie-madame-mafille-moi-toi, MOI-Sophie-tasoeur-chérie-lebébé-mafille.

Voilà, le 22 juin 1960, je démarrais mon CDI d'être humain. 

Au début, j'étais en période d'observation. Je les laissais faire. Je bouffais et dormais tout le temps. Mais c'était une ruse de leur part. Ils font ça pour éviter toute démission pendant la période d'essai. Parce qu'ils prennent bien soin de ne pas te dire qu'après, ce n'est plus du tout comme ça. 

Et là tu ne peux plus rien faire, tu es coincé dans ce CDI qui n'est pas tous les jours très drôle !

jeudi 23 février 2012

Galerie de portraits : Mon escroc

J'ai trainé pendant longtemps sur des sites de rencontre. De vrais supermarchés. Avec ses têtes de gondoles, ses promotions, des produit allant du haut de gamme jusqu'au très bas de gamme.

www.la.foire.a.la.farfouille.com 

 Un jour je dégote un article qui semblait moyen haut de gamme, il s'appelait ... Au fond on s'en fout de son prénom, 48 ans, Pas très grand, du charme, mince, des yeux bleus, photographe de mode - là il passait direct en produit haut de gamme- et un cabriolet -on passe au produit de luxe-. 

Oui, je l'avoue, je suis aussi cul-cul, fleur bleue, et conne qu'une autre. Parce que photographe de mode avec cabriolet, quand même, faut être très limitée pour immédiatement faire passer le gars en produit de luxe. 

Il n'a pas été difficile à emballer, j'en ai même été surprise, un thé, un cinéma, et hop un roulage de pelle. On se revoit le soir pour conclure.

 Je suis aussi une fille facile, et alors ?

J'ai testé les autres options : 
- j'embrasse pas la première fois, ben il n'y a pas de seconde fois... 
- j'embrasse la première fois mais je ne couche pas... Toujours pas de seconde fois... 

Donc j'embrasse et je couche et puis si il n'y a pas de seconde fois au moins je me suis bien éclatée. Avec cette méthode il y en a qui ont duré plusieurs mois voire même des années.. Comme quoi, il n'y a pas de règle. 

Quelques jours plus tard, Il m'invite au restaurant. Il revenait d'un week end en Bretagne, où avait aidé un ami à déménager. Dîner sympa. Jusqu'à ce que l'addition arrive. 

"Oh nooooooon", me dit il, "j'ai oublié mon portefeuille en Bretagne, alors ça c'est vraiment ballot... Moi qui voulais t'inviter !" 

Le pauvre- encore dans mon délire d'abrutie -, il est si gentil. C'est l'intention qui compte après tout. Bon allez, je paye. 

Je décide de persévérer . On m'a suffisamment dit qu'il fallait que je fasse des efforts pour rencontrer quelqu'un, que si j'étais toujours célibataire, c'était parce que je n'y mettais pas assez du mien. Alors là des efforts je vais en faire. Non mais surtout je m'accroche, parce que je me demande comment un mec comme ça peut s'intéresser à moi. Un photographe de mode avec un cabriolet !!!! Je comprendrai plus tard le pourquoi du comment. 

Un soir, il est venu dîner chez moi, c'était un garçon vraiment agréable à recevoir, il était si simple et naturel, il n'hésitait jamais à me dire que c'était vraiment dégueulasse ce que j'avais préparé. Le poulet, oui il aimait ça, mais mariné, alors là non ! La glace, mais quelle idée j'avais bien pu avoir de prendre un assortiment chocolat, passion, pêche, poire, lui qui n'aimait que la vanille. Non mais c'est vrai, comment avais-je pu commettre un tel impair ?! 

Quand il restait coucher chez moi, il regardait la télé jusqu'à pas d'heure, tout en disant que franchement ma télé était vraiment naze, les couleurs mauvaises et le son, n'en parlons pas ! C'était vrai, il était un peu vieux mon poste de télé. Mais tout de même ! 
Il faut aussi préciser qu'après la première nuit, il n'y a plus jamais eu de parties de jambes en l'air. De ce côté là, je peux dire qu'il n'a pas profité de la situation... 

Le matin de la fête des mères, il n'avait pas un sou pour faire un cadeau à sa maman, le pauvre chou. Ni une ni deux je lui prête de l'argent. Qu'il me rendra dès qu'il aura récupéré sa carte qui a... disparu...
Après, il m'a aussi fait le coup de la voiture enlevée par la fourrière. Il part de chez moi, revient 15 mn plus tard, l'air catastrophé, sa voiture a dû être embarquée, elle n'est plus là, et devinez quoi, toujours pas d'argent. Moi toujours en état de mort cérébrale, je lui prête. 

 Nous en étions à la modique somme de 500€. Il fallait que je mette un terme à tout ceci ! 

Un mec peut me rendre totalement idiote, mais quand je me réveille mon intelligence est décuplée. La wonder Woman qui sommeille en moi se réveille : Je tourne sur moi même et hop culotte bleu diadème et même le lasso. Cette tenue ne me va pas à ravir, mais c'est comme ça quand on est Wonder Woman, on est obligée de porter la tenue. A tout prendre, je préfère celle là à celle de Colombo !




Quand il était chez moi, il profitait de mon ordinateur et de ma connexion internet. Après 2-3 manipulations, j'ai réussi à me connecter sur sa boîte mail. Et là, toute sa vie s'est étalée sous mes yeux ébahis. 

- il continuait à aller au super marché, 
- il consommait des produits, 
- il n'avait pas fait de photo depuis très longtemps, 
- sa voiture n'était plus assurée, 
- il commandait sur eBay et ne payait pas, 
- il n'avait pas 48 mais 52 ans 

Lors de mes investigations, j'ai trouvé les coordonnées d'une autre victime chez qui il avait squatté un certain temps, et à qui il devait du fric. Je l'appelle, me fait passer pour une femme qui cherche à le retrouver pour récupérer l'argent qu'il lui a pris. À ma surprise, elle le défend : 

 "le pauvre il est dans une mauvaise passe. "

Je le vois le soir même, et l'engueule, en lui disant qu'une fille m'avait appelée pour me dire qu'il lui devait de grosses sommes d'argent, que ce n'était pas possible, je ne voulais pas être emmerdée avec une de ses ex, et qu'il était hors de question qu'il donne mes coordonnés à quiconque. 

Il prend un air un peu embêté, et me dit qu'il pense savoir qui c'est, me donne même un prénom, et ajoute qu'une autre de ses amie a reçu le même appel. 

 He oui mon pote, c'était moi...

Il me rassure, il a les choses bien en main, il va régler le problème en l'appelant pour qu'elle arrête. Il a même ajouté, que cette femme était folle, et qu'elle le harcelait depuis longtemps. 
Là je me suis dit, le mec il devait avoir une belle collection de casseroles. 

Peu de temps après, je lui ai dit que je le quittais, parce que, un mec dans mon lit sans sex, cela n'a aucun intérêt. C'est vrai, moi j'ai du mal à dormir avec quelqu'un dans mon lit, alors je veux bien passer une mauvaise nuit, mais à condition de partager au moins une étreinte torride. 
Je ne lui ai pas dit mais en plus, nous étions à une semaine de mon anniversaire, et il était hors de question que je paye moi même le cadeau qu'il comptait sûrement me faire ! 
Il a été un peu surpris d'être débarqué aussi rapidement. Et là, Je me suis fait un malin plaisir en ajoutant, cette phrase que je trouve pathétique : 

 " restons bons amis. " 

Je ne pouvais pas couper les ponts, il fallait que je récupère mes 500€. Il m'a fallu 4 mois, mais j'ai tout récupéré. Je ne l'ai jamais lâché, je l'ai tanné, je l'ai appelé tout le temps, toujours gentiment, et il m'apportait 100€, une autre fois 150€ et enfin le solde. 

Je pense que j'ai dû être la seule à lui tenir tête et à ne jamais abandonner. Après avoir réglé sa dette il a continué à m'appeler pour qu'on se voit, en toute amitié. Moi, je n'ai pas donné suite. 

 Mon AMI, lui ?! Et puis quoi encore ? 

 5 ans plus tard, alors que je faisais un tour sur un site de rencontre, je l'ai retrouvé. A l'époque de notre histoire, il avait indiqué sur le site un âge de 48 ans et moi j'en avais 3 de moins. 

 5 ans après j'avais 2 ans de plus que lui... 

 Je suis toujours célibataire, mais des souvenirs drôle comme celui là, j'en ai plein la tête.

 Un conseil, ne jamais réveiller la Wonder Woman qui sommeille en moi.